Vidéo "Nous n'avons pas d'argent caché dans des caves" : le président de la Conférence des évêques de France s'interroge sur la façon d'indemniser les victimes

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Mgr Éric de Moulins-Beaufort espère que les fidèles aideront à indemniser les victimes de la pédocriminalité dans l'Eglise. Un appel au don contesté par la Ciase qui estime que les réparations doivent être payées "à partir du patrimoine des agresseurs et de l'Église de France".

L'Église catholique n'a "pour le moment rien mis de côté du tout mais s'est préparée à le faire" pour indemniser les victimes de violences sexuelles commises par ses prêtres, diacres, religieux et laïcs, explique Mgr Éric de Moulins-Beaufort, le président de la Conférence des évêques de France, mercredi 6 octobre sur franceinfo, au lendemain de la remise du rapport de la Commission indépendante sur les abus dans l'Église (Ciase).

>> Pédocriminalité dans l'Église : ce qu'il faut retenir du rapport de la commission Sauvé

"Nous avons, en mars dernier, pris un certain nombre de décisions et notamment ouvert un fonds de dotation pour pouvoir réunir l'argent nécessaire" pour indemniser les victimes, rappelle Mgr Éric de Moulins-Beaufort. "Nous voulions abonder ce fonds avec notre argent à nous, les évêques, en cotisant nous-même, et inviter ensuite tous les fidèles, laïcs, prêtres, ceux qui voulaient y contribuer à participer", a-t-il poursuivi. "Maintenant, la Ciase critique sévèrement le système que nous avons monté, donc il nous faut reprendre notre copie", a-t-il indiqué. Cette commission a en effet recommandé que les indemnités versées aux victimes soient financées "à partir du patrimoine des agresseurs et de l'Église de France", et non avec les dons des fidèles.

"Cela nous met dans une situation difficile, regrette Mgr Éric de Moulins-Beaufort, parce que toutes nos ressources, ce sont des dons des fidèles. Nous n'avons aucune autre ressource."  Cette commission "nous fait des recommandations, nous suivrons ce que nous pourrons suivre, dit-il. Le plus important, c'est que nous puissions apporter aux victimes ce que nous devons leur apporter".

"La Ciase nous met devant une difficulté et nous ferme une porte que nous avions ouverte en imaginant l'appel aux fidèles, donc il faut que nous revoyions ce que nous pouvons faire."

Mgr de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France

à francenfo

Selon Mgr Éric de Moulins-Beaufort, l'Église catholique manque de ressources pour indemniser les 216 000 victimes, mineures au moment des faits, de violences sexuelles commises par ses prêtres, diacres et religieux en France depuis 1950, selon l'estimation de la Ciase. "On peut peut-être imaginer vendre quelques églises, mais la plupart ne sont pas vendables et n'ont pas d'intérêt architectural particulier, donc ce n'est absolument pas une solution, a-t-il estimé. L'immobilier ne nous rapporte pas, il nous coûte." Pas question non plus de compter sur Rome, puisque "le Vatican ne finance pas l'Église de France, c'est nous qui finançons le Vatican".

"Nous n'avons pas d'argent caché dans des caves", a encore asséné celui qui est aussi archevêque de Reims. De ce fait, l'idée d'un appel aux dons des fidèles reste d'actualité. "Nous portons ensemble, comme Église, la responsabilité d'apporter l'aide nécessaire aux personnes victimes", a-t-il en effet affirmé.

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