Vidéo Agressée sexuellement par un prêtre, elle raconte comment sa mémoire avait tout refoulé

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Pendant 20 ans, sa mémoire avait refoulé un événement traumatisant : enfant, Mathilde avait été agressée sexuellement par un prêtre. Et un jour, tous les souvenirs ont refait surface...

Fin mai 2021, Mathilde part en week-end avec des amis et leurs enfants. Le soir, alors qu'un de ses amis va voir si sa fille va bien et entre dans sa chambre, elle ressent "une immense colère". "Je n'ai pas du tout compris pourquoi il était monté dans la chambre, qu'est-ce qu'il avait pu faire et dans les jours suivants, ça m'a vraiment travaillée", confie Mathilde. À partir de là, pendant cinq nuits, elle a des flashs et comprend qu"elle a été agressée sexuellement vingt années auparavant. "Je pense que je devais avoir entre 5 et 7 ans. Pendant l'événement, il y a une partie de soi qui va s'en aller pour permettre à l'événement de se passer, qui va comme figer cet instant-là dans une boîte noire", explique Mathilde. Elle décrit "un boulet à son pied" qui l'empêchait "d'avancer correctement sur son chemin".

L'inconscient en mode survie

Ce que décrit Mathilde, c'est la mémoire traumatique : l'inconscient se met "en mode survie" par rapport à ce souvenir traumatisant. "Une fois qu'on ouvre la boîte noire, on va se souvenir exactement de la peur qu'on a ressentie à ce moment-là et de tout le contexte", développe Mathilde. Cela a ainsi créé chez elle un stress post-traumatique. Très vite, elle confie s'être également souvenue de l'identité de celui qu'elle juge comme étant son agresseur. "J'avais vraiment la forte intuition que c'était un ami de la famille, que ce n'était pas quelqu'un de ma famille directement", explique-t-elle. Puis, il lui est apparu que c'était Michel Guyard, un prêtre proche de sa famille qui a également été évêque du Havre pendant plus de dix ans. 

Mathilde a souhaité porter plainte contre lui mais il est décédé avant qu'elle n'ait eu le temps de le faire. Elle porte aujourd'hui un combat : rendre publique la liste des prêtres décédés et accusés d'agression sexuelle détenue par l'Église. "Pour se libérer et avancer, c'est, je crois, nécessaire aujourd'hui d'avoir les noms pour pouvoir être vigilants, être à l'affût de nos enfants, de leurs traumatismes, de leurs comportements qui pourraient suggérer un traumatisme et de pouvoir les accompagner dans cette guérison", conclut Mathilde.

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