Pédophilie : il y a eu un "changement considérable" dans la "mentalité de l'Église", d'après le directeur de la rédaction de Famille Chrétienne

Alors que s'ouvre à Lourdes l'assemblée plénière de la Conférence des évêques de France, le directeur de la rédaction de Famille Chrétienne salue sur franceinfo les efforts de l'Église pour lutter contre la pédophilie en son sein.

Un enfant de choeur portant une croix autour du cou.
Un enfant de choeur portant une croix autour du cou. (NICOLAS GUYONNET / HANS LUCAS)

"Il s'est passé, ici, en trois ans, un changement considérable dans la mentalité de ces évêques et de l'Église toute entière", a estimé mardi 5 novembre sur franceinfo Antoine-Marie Izoard, directeur de la rédaction du magazine Famille Chrétienne, alors que s'ouvre l’assemblée plénière de la Conférence des évêques de France à Lourdes. Ce rassemblement a lieu deux fois par an. Il sera marqué, comme c'est le cas depuis plusieurs éditions déjà, par les travaux de l'Église sur la pédophilie en son sein.

200 bénéficiaires déjà enregistrés

Jeudi 7 novembre, le président de la Commission indépendante sur les abus sexuels (CIASE) doit ainsi présenter ses conclusions. Samedi 9 novembre, les évêques voteront le principe et les modalités d'une reconnaissance de la souffrance des victimes, par le biais d'une indemnisation financière. 200 bénéficiaires sont déjà enregistrés.

"Rien ne réparera le tort subi"

"Ça me paraît un geste nécessaire", affirme Antoine-Marie Izoard. "Il est nécessaire parce qu'il est demandé par des victimes", même si "rien ne réparera le tort subi par un enfant, par une victime." Selon le directeur de la rédaction de Famille Chrétienne, cette compensation financière n'est pas demandée par toutes les victimes, qui demandent avant tout "d'être écoutées".

"C'est ça, la révolution des évêques de France depuis quelques années. C'est d'écouter, c'est de mettre fin au système d'omerta, c'est d'ouvrir il y a deux, trois ans des cellules d'écoute", poursuit-il.

"Une vraie volonté de faire changer les choses"

"Il s'est vraiment passé quelque chose", assure Antoine-Marie Izoard. Si ce mouvement "a été impulsé par les scandales, bien sûr", "il y a une vraie volonté de faire changer les choses".

Après l'affaire Preynat, il y a eu la mise en place de "ces cellules d'écoute, des travaux de prévention et de lutte, la formation des prêtres, des séminaristes, des acteurs pastoraux, l'invitation des évêques à des procédures civiles et canoniques, la nomination d'une commission indépendante, donc il s'est passé quelque chose."

Le mea culpa "collectif" n'a "probablement pas" eu lieu, estime toutefois le directeur de la rédaction du magazine Famille Chrétienne.