Pédophilie dans l'Eglise : 600 personnes réunies près de Lyon en hommage aux victimes

Cette paroisse était celle du père Bernard Preynat, accusé d'abus sexuel sur de jeunes scouts.

Le père Eric de Nattes célèbre une messe, le 7 novembre 2016 à Sainte-Foy-lès-Lyon (Lyon). 
Le père Eric de Nattes célèbre une messe, le 7 novembre 2016 à Sainte-Foy-lès-Lyon (Lyon).  (JEFF PACHOUD / AFP)

C'était la paroisse d'un prêtre soupçonné de pédophilie. Quelque 600 personnes se sont recueillies, lundi 7 novembre, dans l'église Saint-Luc de Sainte-Foy-lès-Lyon (Lyon), afin de rendre hommage aux victimes d'abus sexuels. De 1972 à 1991, le père Bernard Preynat est soupçonné d'y avoir abusé de quelque 70 jeunes scouts.

Les fidèles de cette banlieue élégante de l'ouest lyonnais répondaient ainsi à l'appel de la Conférence des évêques de France (CEF) du 14 octobre, pour une "journée de prière et de pénitence". Célébrée par le père Eric de Nattes, la messe a duré près d'une heure trente.

"Je viens vous demander pardon"

Le prêtre a surpris l'assistance, en s'adressant directement aux membres de l'association "La parole Libérée", composée de victimes de Bernard Preynat. "Je viens pour vous demander pardon en mon nom, en votre nom à tous paroissiens, au nom de mon église qui n'a pas écouté et qui a encore tant de mal à écouter, qui a couvert d'un silence coupable ces crimes et qui a tant de mal à sortir de ce silence qui a laissé les victimes à leur solitude", a-t-il déclaré.

Deux lettres de parents d'anciennes victimes de Bernard Preynat - dépeint dans ces dernières comme un "prédateur", un "être ignoble (...) qui prêchait le bien et qui faisait le mal"- mais aussi celle d'une femme qui a subi un viol dans les années 70 par un prêtre ont été également lues à l'assistance.

"On a tellement honte"

"L'important, c'est d'être réunis ce soir. C'est déjà un grand pas", a réagi Annick, 40 ans, après la messe. Marie-Thérèse, 54 ans, a trouvé la célébration "formidable". "Mais, on a tellement honte", a t-elle ajouté évoquant l'affaire Preynat. "On pensait vraiment que c'étaient des ragots", a ajouté pour sa part Françoise, 80 ans, "satisfaite que l'histoire soit sortie".

Initialement prévus, les 70 cierges, qui devaient symboliser les 70 victimes du père Preynat, n'ont finalement pas été allumés à la demande de La Parole libérée. Lundi, les évêques de France, réunis à Lourdes, ont solennellement demandé pardon pour le "trop long silence coupable" de l'Eglise face à ces abus sexuels.