Levée de l'immunité de l'ambassadeur du pape en France : "Je suis soulagé et heureux", dit l'une des victimes présumées

Mathieu de la Souchère avait porté plainte contre Luigi Ventura le 24 janvier dernier. Le nonce apostolique est accusé de plusieurs agressions sexuelles sur plusieurs hommes proches de l'Eglise catholique.

Mathieu de la Souchère, l\'un des plaignants qui accusent d\'agressions sexuelles l\'ambassadeur du Vatican en France, Luigi Ventura, au Vatican, le 3 juillet 2019.
Mathieu de la Souchère, l'un des plaignants qui accusent d'agressions sexuelles l'ambassadeur du Vatican en France, Luigi Ventura, au Vatican, le 3 juillet 2019. (FRANCEINFO)

"Je suis soulagé et heureux", a déclaré Mathieu de la Souchère, responsable des événements internationaux à la mairie de Paris et victime présumée de Monseigneur Luigi Ventura, lundi 8 juillet sur france info, alors que l'immunité diplomatique de l'ambassadeur du pape en France a été levée par le Vatican.

>> Quatre questions sur les accusations d'agressions sexuelles à l'encontre de "l'ambassadeur" du pape en France

Le nonce apostolique Luigi Ventura est accusé de plusieurs agressions sexuelles ces derniers mois. Mathieu de la Souchère avait porté plainte contre lui le 24 janvier dernier. "Cette décision change tout (...) On va avoir droit à un procès équitable face à un justiciable comme les autres", s'est-il réjoui.

franceinfo : Que change cette décision du Vatican de lever l'immunité diplomatique de Luigi Ventura ?

Mathieu de la Souchère : Elle change tout, pour moi, mais aussi pour les autres victimes, puisque je ne suis pas seul. On va avoir droit à une enquête équitable, à un procès équitable, face à un justiciable comme les autres, et non pas face à quelqu'un qui serait réfugié derrière son statut. Il refusait de répondre à la police et il avait le droit de ne pas répondre. L'enquête était au point mort. Les actes de procédures qui doivent normalement être menés dans ce type d'enquête n'étaient plus possibles du fait de cette immunité.

Quelle a été votre réaction quand vous avez appris cette décision du Vatican ?

J'ai été d'abord étonné car cela fait six mois que l'on me répète que c'est impossible et que je m'attaque à trop gros. Je suis en même temps soulagé et très heureux de cette nouvelle. Nous avons fait le job avec les autres victimes. On a porté une parole diplomatique, celle que la France se refusait à porter, à taper du poing sur la table. Nous l'avons fait et nous avons eu gain de cause. Je suis très heureux.

Avez-vous été soutenu dans ce combat juridique ?

J'ai été soutenu par ma hiérarchie, c'est-à-dire par la mairie de Paris. J'ai été soutenu par mes avocats. Moralement évidemment, on se dit qu'il faut aller jusqu'au bout mais ce qu'on me disait en substance, c'est que le combat était perdu d'avance.

Vous évoquez d'autres victimes. Combien êtes-vous à avoir porté plainte ?

Nous sommes cinq. Mais il y a d'autres victimes qui vont sûrement se décider à aller porter plainte. D'autres victimes qui se refusaient de le faire par peur du danger et qui désormais je pense vont être encouragées à le faire. Il y a aussi des victimes au Canada et au Chili.