Les évêques votent le principe d'une "somme forfaitaire" en faveur des victimes de prêtres pédophiles

Le montant et les modalités n'ont pas encore été fixés.

La Conférence des évêques de France (CEF) à Lourdes, le 5 novembre 2019.
La Conférence des évêques de France (CEF) à Lourdes, le 5 novembre 2019. (LAURENT FERRIERE / HANS LUCAS)

Un premier pas vers la reconnaissance d'une responsabilité. Les évêques de France ont voté, samedi 9 novembre, en faveur d'une "somme forfaitaire" destinée à la "reconnaissance de la souffrance" des victimes des prêtres pédophiles lorsqu'elles étaient mineures, a annoncé à la presse le président de la Conférence des évêques de France (CEF).

Réunis à Lourdes, les évêques ont assuré ainsi reconnaître l'"agression subie", mais aussi le "silence, la négligence, l'indifférence, l'absence de réaction, de mauvaises décisions ou de dysfonctionnements au sein de l'Eglise". Le montant de cette somme forfaitaire n'a pas encore été fixé.

La plupart des victimes déclarées sont des hommes

Début juin, la Ciase (Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Eglise), à laquelle l'épiscopat avait donné son feu vert l'an dernier, a lancé un appel à témoignages auprès de victimes. Cinq mois après son lancement, la commission a précisé que, selon ses premières auditions, "la majorité des abus (sexuels) se sont produits dans les années 1950, 1960, 1970, beaucoup plus que dans les décennies ultérieures".

Au total, "2 800 signalements ont été faits, via des appels téléphoniques, mails et courriers ; 800 personnes ont répondu à un questionnaire détaillé et une vingtaine de victimes ont été entendues", a déclaré le président de la commission, Jean-Marc Sauvé.

La plupart sont des hommes (61%), agressés lorsqu'ils étaient mineurs (86%). Parmi ces derniers, 34% avaient 10 ans ou moins, et 35% avaient entre 11 et 15 ans. Ils ont aujourd'hui, pour un tiers d'entre eux, plus de 70 ans. Les auteurs sont à 98% des hommes, dont 71% sont des prêtres, "le reste étant des religieux" de congrégations. Dans 88% des cas, il n'y a pas eu de procédure judiciaire. Et pour une "part significative", il s'agit d'un premier témoignage.