L'Australie présente des excuses nationales aux victimes de pédophilie dans l'Eglise et les institutions

"Nous avons manqué à nos obligations" à l'égard des victimes, a déclaré le Premier ministre australien, Scott Morrison.

Le Premier ministre australien Scott Morrison, lors des excuses nationales de l\'Etat australien aux victimes de pédophilie, devant le Parlement, le 22 octobre 2018.
Le Premier ministre australien Scott Morrison, lors des excuses nationales de l'Etat australien aux victimes de pédophilie, devant le Parlement, le 22 octobre 2018. (SEAN DAVEY / AFP)

Le Premier ministre australien, Scott Morrison, a présenté, lundi 22 octobre, des excuses nationales aux victimes de pédophilie. Devant le Parlement, il a reconnu que l'Etat n'avait pas été à la hauteur face à des "crimes maléfiques", en évoquant les violences sexuelles commises au sein d'institutions religieuses, mais aussi étatiques.

"Nous vous croyons"

"Ils ont été commis contre des Australiens par des Australiens, par des ennemis présents au milieu de nous", a dénoncé le Premier ministre, dans un discours retransmis en direct par la télévision. "En tant que nation, nous avons manqué à nos obligations à leur égard, nous les avons délaissées et cela nous couvrira à jamais de honte", a-t-il ajouté, visiblement très ému. "Pardon !", a demandé Scott Morrison "aux enfants", "aux parents", "aux lanceurs d'alerte que nous n'avons pas écoutés". "Pardon ! Aux générations passées et présentes. Pardon !", a-t-il répété.

Après une décennie de révélations, le gouvernement australien avait finalement cédé en 2012 aux pressions et créé une Commission d'enquête royale sur les réponses institutionnelles aux crimes de pédophilie. Cette Commission a rendu fin 2017 un rapport accablant. Elle avait été contactée par plus de 15 000 personnes disant avoir été victimes d'actes de pédophilie couverts par l'Eglise, des orphelinats, des clubs de sport, des écoles ou des organisations de jeunesse pendant de longues décennies, sans que les soupçons ne débouchent sur des enquêtes.

Plus de 4 000 institutions ont été mises en cause, dont de nombreuses entités catholiques. Dénonçant des crimes commis "jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, année après année, décennie après décennie" dans des écoles, des églises, des groupes de jeunesse, des groupes de scouts, des orphelinats, des clubs de sports, des foyers, Scott Morrison a énoncé une nouvelle doctrine nationale à l'égard des victimes : "Nous vous croyons."