"Je ne veux plus être le complice de tous ces actes" : à Strasbourg, un homme demande à être débaptisé après les scandales de pédophilie

À 67 ans, Roger vient de faire sa demande auprès de l'archevêque de Strasbourg. Il entend ainsi protester contre les récents scandales de pédophilie qui touchent l'Église. 

L\'intérieur de Notre Same de Paris, lors d\'une messe en août 2017. (Illustration). 
L'intérieur de Notre Same de Paris, lors d'une messe en août 2017. (Illustration).  (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

"J'aurais dû être débaptisé plus tôt", explique Roger, 67 ans, originaire de Strasbourg, au micro de France Inter alors que se tient lundi 3 septembre à Lyon une nouvelle audience de consignation qui pourrait aboutir à un procès contre le cardinal Barbarin.

Le cardinal est poursuivi par d'anciens scouts lyonnais pour ne pas avoir dénoncé le père Bernard Preynat, accusé d'abus sexuels sur de jeunes scouts dans les années 1980-1990. La pétition pour obtenir la démission du cardinal approche les 100 000 signatures.  

"Je ne veux plus être le complice de tous ces actes", poursuit Roger qui vient d'envoyer sa lettre à l'archevêque de Strasbourg. Une lettre qu'il a écrite après avoir signé la pétition pour demander la démission du cardinal Barbarin. "Je l'ai fait, près de 70 ans après, tout simplement parce qu'on ne s'en rend pas compte mais à partir du moment où on est baptisé, on fait partie de ces fameuses statistiques [que] l'Église revendique [comme] fidèles."

Il y en a marre de cette irresponsabilité, de cette justice qui ne passe pas. Barbarin est clairement un complice de ce qui s'est passé dans son diocèse. On règle les comptes entre nous, c'est typique de l'Église catholique. C'est ça qui ne va plus.Rogerà France Inter

Baptisé quelques jours après sa naissance, Roger a été enfant de choeur pendant dix ans. Il en garde de mauvais souvenirs et les déclarations récentes du pape François ajoutées aux affaires de pédophilie l'ont définitivement dégoûté de l'Église.  "Je suis plutôt au bout de ma vie, il pourrait m'arriver des choses et je n'ai pas du tout envie de me retrouver dans un cercueil, dans une église. Je ne veux plus avoir affaire à eux", conclut-il.  

À Strasbourg, la semaine dernière, le chancelier de l'archevêché a reçu six lettres de fidèles demandant à être débaptisés.