"Je dis la vérité, si on veut pas me croire, on me croit pas" : au troisième jour de son procès, Bernard Preynat raconte les agressions sexuelles qu'il dit avoir subies

Le prévenu avait déclaré la veille avoir lui-même été victime d'agressions sexuelles dans sa jeunesse, et a pointé la responsabilité de l'Eglise, qui n'a pas su réagir face à ses pulsions.

(LAURENT CIPRIANI/AP/SIPA / SIPA)
Ce qu'il faut savoir

Il n'en a parlé que tardivement. L'ex-prêtre Bernard Preynat, jugé à Lyon pour des agressions sexuelles sur de jeunes scouts il y a plus de trente ans, a affirmé, mercredi 15 janvier, avoir lui-même été victime de violences sexuelles dans sa jeunesse, pointant la responsabilité de l'Eglise, qui n'a pas su réagir face à ses pulsions. Depuis le début de son procès, Bernard Preynat, acculé par les témoignages de ses victimes, s'était contenté de reconnaître partiellement les faits en demandant pardon. Après avoir entendu un premier expert mercredi soir, le tribunal a continué à se pencher sur la personnalité du prévenu jeudi matin, avant les plaidoiries des parties civiles dans l'après-midi. Une audience à suivre en direct sur franceinfo.fr

L'ancien prêtre déclare à l'audience avoir été agressé sexuellement. Bernard Preynat a évoqué pour la première fois en public des abus qu'il aurait lui-même subis dans sa jeunesse, en se référant à une lettre écrite juste avant le procès à l'administrateur apostolique de Lyon, Michel Dubost. Dans ce courrier, l'ancien prêtre raconte notamment avoir été successivement agressé sexuellement par un sacristain de sa paroisse, un séminariste et un prêtre au petit séminaire entre sa sixième et sa quatrième.

Il pointe la responsabilité de l'Eglise. "Sans accuser" l'Eglise, l'ex-prêtre a aussi évoqué la responsabilité de sa hiérarchie qui, plusieurs fois alertée de ses pulsions, n'a pas exigé qu'il se fasse soigner. "On aurait dû m'aider... On m'a laissé devenir prêtre", explique-t-il, mentionnant une thérapie infructueuse suivie en 1967 et 1968. De même, il raconte avoir présenté "comme un péché" certains de ses actes et pulsions à son confesseur. Mais "le prêtre me donnait des encouragements pour que je ne recommence pas, et l'absolution".

Ses victimes poursuivent leurs témoignages accablants. Deux dernières parties civiles ont été entendues mercredi matin, sur les dix plaignants pour lesquels les faits ne sont pas prescrits. "Ma femme me caresse. Lui, c'était de la masturbation ; il me touchait comme un sauvage", s'est indigné à la barre Stéphane H., 8 ans à l'époque des faits. Selon lui, les jeunes proies de Bernard Preynat se succédaient parfois dans un même local. Marié, Stéphane H. a des enfants mais a "beaucoup de mal à les toucher", attribuant ces difficultés au traumatisme vécu dans son enfance, sous l'emprise du "père Bernard".

Un expert-psychiatre décrit une personnalité de type pervers sexuel. Le tribunal a commencé à examiner la personnalité du prévenu mercredi soir en entendant un expert-psychiatre qui l'a rencontré trois fois en 2017. Selon le professeur Michel Debout, Bernard Preynat a une personnalité de type pervers sexuel et n’accède pas à la souffrance de l’autre, avec un mécanisme de déni et de clivage. Il s’est construit sur ce clivage : d’un côté un homme d’église respecté, de l’autre un pédophile. "Mi-prêtre, mi-traître", a résumé l’expert, soulignant qu'une prise de conscience, au moins intellectuelle, pouvait être à l'œuvre ces derniers temps. 

Retrouvez ici l'intégralité de notre live #PREYNAT

14h14 : En 2015, face à l'inaction du diocèse de Lyon, Alexandre Hezez a été le premier à porter plainte contre l'ancien prêtre Bernard Preynat pour agressions sexuelles. Victime prescrite, mais se sentant "trop mal d'être loin", il assiste aujourd'hui au 4ème jour d'audience. Nos confrères de France 3 l'ont rencontré.

11h10 : Le tribunal de Lyon se penche sur la personnalité de l'ancien prêtre Bernard Preynat, jugé pour des agressions sexuelles commises sur des mineurs il y a plus de 30 ans. Notre journaliste Catherine Fournier assiste au procès.

09h30 : Troisième journée du procès de l'ancien prêtre Bernard Preynat. Hier, l'accusé a dit avoir été agressé sexuellement quand il était enfant. "S'il n'en a pas parlé plus tôt, c'est parce qu'il n'a pas souhaité donner l'impression, dans le cadre d'une défense, de disputer la place d'une victime qui n'est pas la sienne dans ce procès", a commenté ce matin son avocat Frédéric Doyez.

08h24 : Voici les principaux titres de l'actualité :

Le réalisateur Christophe Ruggia va être déféré au parquet en vue de sa présentation à un juge d’instruction dans le cadre d’une information judiciaire qui sera ouverte dans la matinée, a appris franceinfo. Le réalisateur est accusé d'attouchements et de harcèlement sexuel par l'actrice Adèle Haenel.

Après six semaines de conflit, les syndicats opposés à la réforme des retraites appellent à une nouvelle journée de manifestations. Des cortèges défileront dans toute la France, avec en point d'orgue celui dans l'après-midi entre Montparnasse et place d'Italie à Paris.

• La rémunération duva passer de 0,75 à 0,5 % à partir du 1er février, a annoncé le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, dans un entretien au Parisien.


L'ancien prêtre Bernard Preynat, jugé à Lyon pour des agressions sexuelles sur de jeunes scouts il y a plus de trente ans, a déclaré avoir lui-même été victime de tels actes dans sa jeunesse, lors du deuxième jour de son procès.

08h20 : Voici les principaux titres de l'actualité :

• La rémunération duva passer de 0,75 à 0,5 % à partir du 1er février, a annoncé le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, dans un entretien au Parisien.


L'ancien prêtre Bernard Preynat, jugé à Lyon pour des agressions sexuelles sur de jeunes scouts il y a plus de 30 ans, a affirmé avoir lui-même été victime de violences sexuelles dans sa jeunesse, lors du deuxième jour de son procès.


• L'intersyndicale opposée à l'avant-projet de réforme des retraites appelle à une nouvelle "journée massive de grève et de manifestations interprofessionnelles" le 24 janvier, jour de l'examen du texte en Conseil des ministres.

• La décennie écoulée (2010-2019) a été la plus chaude jamais observée, a annoncé l'ONU, confirmant l'inexorable réchauffement climatique de la Terre, marqué par un accroissement des phénomènes météorologiques extrêmes.

• Le procès en destitution de Donald Trump débutera mardi prochain. La Chambre des représentants a approuvé, cet après-midi, l'acte d'accusation visant le président américain. On vous explique comment le procès devant le Sénat va se dérouler.


Le Paris SG s'est imposé 4-1 à Monaco en match en retard de Ligue 1, trois jours après son match nul 3-3 au Parc des Princes contre ces mêmes Monégasques, et s'envole au classement avec 8 points d'avance sur son dauphin, Marseille.