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Démission de monseigneur Barbarin refusée par le pape : "Le double-jeu du cardinal met tout le monde dans l'embarras"

Gino Hoel, membre de la rédaction de la revue catholique "Golias", déplore la décision du pape. Selon lui, certains fidèles vont "couper les ponts avec l'Eglise".

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Radio France
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Le cardinal Barbarin devant le tribunal à Lyon, le 7 janvier 2019. (JEFF PACHOUD / AFP)

Après la décision du pape de refuser la démission du cardinal Barbarin, Gino Hoel déplore, mercredi 20 mars, sur franceinfo "le double-jeu" de l'archevêque de Lyon qui est allé rencontrer le souverain pontife avec une note juridique de ses avocats. Membre de la rédaction de la revue catholique de gauche Golias, Gino Hoel dénonce une "pantomime" et estime que "les gens de la base en ont plus qu'assez. Rome et le cardinal ne s'en aperçoivent pas". Selon lui, "cela ne va pas s'arrêter là" et "des gens vont maintenant décider d'en terminer avec l'Eglise".

franceinfo : La décision du pape est-elle acceptable, selon vous ?

Gino Hoel : Pas vraiment, ni pour les victimes, qui en attendaient plus, ni pour les chrétiens usés par ce feuilleton qui dure depuis plusieurs années. Un feuilleton qui en train de décrédibiliser la totalité des actions des chrétiens sur le terrain et, in fine, le message de l'Évangile. Cela commence à devenir très lourd.

La conférence des évêques de France se dit "étonnée". Est-ce que le souverain pontife risque de se mettre à dos les instances françaises ?

Non, les évêques de France ne vont pas aller jusqu'à se révolter contre le pape. Mais ce qui se passe aujourd'hui montre encore une fois que François ne connaît pas notre pays. On savait déjà qu'il s'en moquait complètement puisqu'il ne veut pas y venir. Là, on voit bien la pantomime dans laquelle nous sommes. Lorsque le pape doit prendre une décision pour la France, il appelle le cardinal Barbarin. Quand l'affaire Preynat éclate, c'est le cardinal Barbarin qui vient informer le pape. Les victimes, elles, ne sont jamais reçues. Mardi, le pape a encore pris une décision à partir d'un seul son de cloche.

Les avocats du cardinal Barbarin ont transmis leurs arguments au pape François via une note juridique traduite en espagnol. Est-ce que cela vous choque ?

On peut effectivement se dire que c'était pour essayer de le sauver. Cela paraît absolument naturel et cela montre bien le double-jeu du cardinal Barbarin qui, aujourd'hui, met tout le monde dans l'embarras. Ses collègues de la conférence des évêques de France y étaient habitués. Maintenant, ce sont les gens de la base qui en ont plus qu'assez. Rome et le cardinal ne s'en aperçoivent pas. Pourtant, je pense que cela ne va pas s'arrêter là. Il y a des gens qui vont maintenant décider d'en terminer avec l'Église. C'est déjà ce qui se passe avec les baisses d'inscription au catéchisme ou dans l'éducation catholique. Cela va maintenant être très difficile au quotidien pour l'Eglise.

Avec des catholiques qui vont même jusqu'à se débaptiser ?

Oui, cela existe, il y en a. Et je pense que c'est un phénomène qu'on va vivre plus largement mais pas uniquement à cause de l'affaire Barbarin. C'est aussi tout l'univers ecclésial qui fait que les gens ne sont plus prêts à suivre certaines choses. Sans aller jusqu'à la débaptisation, des gens vont couper les ponts et par exemple arrêter de financer l'Église.

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