Pour la première fois, une femme prend la tête de la principale Eglise protestante de France

Emmanuelle Seyboldt, femme pasteur de 46 ans, a été désignée présidente du Conseil national de l'Eglise protestante unie de France (EPUdF), lors d'un synode à Lille (Nord).

 Emmanuelle Seybodt, le 27 mai 2017 à Lille (Nord). 
Emmanuelle Seybodt, le 27 mai 2017 à Lille (Nord).  (DENIS CHARLET / AFP)

Cinq cents ans après la réforme de Luther, elle est la première femme portée à la tête des luthériens et réformés français : Emmanuelle Seyboldt a été nommée, à 46 ans, présidente du Conseil national de l'Eglise protestante unie de France (EPUdF), lors d'un synode à Lille.

Jusqu'alors, seule l'Eglise réformée d'Alsace et de Lorraine avait été dirigée par une femme, Thérèse Klipffel (1920-2006), de 1982 à 1988. "Je n'étais pas candidate, j'ai été très surprise quand j'ai été appelée à cette fonction" de présidente, confie à l'AFP Emmanuelle Seyboldt, pasteur à Besançon depuis 2013 pour l'EPUdF, la principale Eglise protestante française, qui revendique 250 000 fidèles engagés dans ses rangs.

"J'y vois une cohérence de notre Eglise : depuis 1965, elle accueille des femmes pasteurs. Que plus de cinquante ans après des femmes soient appelées à ce type de responsabilités, c'est la logique". Emmanuelle SeyboldtAFP

Elle aborde ses nouvelles fonctions "avec modestie et confiance", dans une "continuité" avec son prédécesseur, Laurent Schlumberger.

Divorcée et remariée à un pasteur d'origine allemande, cette brune à l'allure sobre assume une famille recomposée avec sept enfants, donc cinq vivent encore sous son toit. En phase avec un "protestantisme qui n'a pas peur de ce que l'époque produit", dit-elle sans en faire un étendard.