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Pour l'ONU, les arrêtés anti-burkini favorisent la "stigmatisation" des musulmans

Vendredi, la plus haute juridiction administrative française, le Conseil d'Etat, a suspendu l'un de ces arrêtés municipaux.

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La plage de Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes), où un arrêté municipal anti-burkini a été annulé par le Conseil d'Etat le 26 août 2016. (MAXPPP)

L'ONU tance la France. Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme a vivement défendu, mardi 30 août, le droit à porter le burkini, fustigeant les arrêtés pris en France contre cette tenue vestimentaire et estimant qu'ils favorisent la "stigmatisation" des musulmans.

Vendredi, la plus haute juridiction administrative française, le Conseil d'Etat, a suspendu l'un de ces arrêtés municipaux. Malgré cette décision, plusieurs maires ont décidé de continuer à infliger des amendes aux femmes portant des burkinis.

Ces arrêtés "alimentent l'intolérance religieuse"

Dans son communiqué, le Haut-Commissariat appelle "toutes les autorités locales ayant adopté des interdictions" à les retirer.

Les codes vestimentaires, tels que les décrets anti-burkini, affectent de manière disproportionnée les femmes et les filles et sapent leur autonomie en niant leur aptitude à prendre des décisions indépendantes sur leur manière de se vêtir.

Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme

communiqué

Pour le bureau du Haut-Commissaire, "l'égalité des genres ne peut être obtenue en réglementant les vêtements que les femmes décident de porter". Ces arrêtés "n'améliorent pas la situation sécuritaire ; ils tendent au contraire à alimenter l'intolérance religieuse et la stigmatisation des personnes de confession musulmane en France, en particulier les femmes", a dénoncé le Haut-Commissariat.

"En favorisant la polarisation entre les communautés, ils n'ont réussi qu'à aggraver les tensions et pourraient, en réalité, miner les efforts destinés à combattre et prévenir l'extrémisme violent, des efforts qui dépendent de la coopération et du respect mutuel entre les communautés", relève le communiqué, qualifiant ces interdictions de "hautement discriminatoires".

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