Manuel Valls et Najat Vallaud-Belkacem s'opposent au sujet des arrêtés anti-burkini

Invités chacun de leur côté sur les matinales, Najat Vallaud-Belkacem et Manuel Valls ont tenu des propos diamétralement opposés sur les arrêtés pris par certains maires pour bannir le burkini.

Najat Vallaud-Belkacem et Manuel Valls, le 9 mai 2016, à Paris. 
Najat Vallaud-Belkacem et Manuel Valls, le 9 mai 2016, à Paris.  (ERIC FEFERBERG / AFP)

Nouvelle division au sein du gouvernement ? Invités chacun de leur côté sur les matinales, jeudi 25 août, Najat Vallaud-Belkacem et Manuel Valls ont tenu des propos diamétralement opposés sur les arrêtés pris par certains maires pour bannir le burkini de leurs plages.

Les arrêtés anti-burkini : "Une dérive politique", selon Najat Vallaud-Belkacem 

Si les deux membres du gouvernement ont tous réaffirmé leur opposition au port de cette tenue de bain intégrale, Najat Vallaud-Belkacem a affirmé que "la prolifération des arrêtés" n'était "pas la bienvenue". "Jusqu’où va-t-on pour vérifier qu’une tenue est conforme aux bonnes moeurs ?" s'est interrogée la ministre de l'Education nationale sur Europe 1. Surtout, elle a évoqué une "dérive politique dangereuse pour la cohésion nationale" qui "libère la parole raciste".

"C'est une mauvaise interprétation des choses", répond Manuel Valls

Visiblement pas au courant de la prise de position de la ministre de l'Education, Manuel Valls a désavoué les propos de Najat Vallaud-Belkacem, quelques minutes plus tard sur RMC. "Ces arrêtés ne sont pas une dérive, a-t-il affirmé. C'est une mauvaise interprétation des choses. Ces arrêtés ont été pris au nom même de l'ordre public."

"Je ne vois pas où vous voyez la divergence"

Problème de communication au sein du gouvernement ou mésentente profonde ? "Je ne vois pas où vous voyez la divergence entre la position de Manuel Valls et la mienne. Nous sommes d'accord", a par la suite affirmé Najat-Vallaud Belkacem, citée par une journaliste du Monde.

Le Premier ministre avait, en tout cas, déjà exprimé son "soutien" aux maires ayant interdit le burkini, le 17 août. De son côté, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a mis en garde contre la "stigmatisation" des musulmans, mercredi, après la diffusion des images d'une femme, vêtue d'un voile islamique, contrôlée sur la plage de Nice.