La France "n'a pas compris le burkini", estime sa créatrice

L'Australienne juge que les autorités françaises ne devraient pas ériger la tenue de bain qu'elle a créée en symbole de division.

Aheda Zanetti montre deux modèles de \"hijood\", un habit mêlant hijab et hoody, dans sa boutique de Sydney (Australie), le 20 août 2016.
Aheda Zanetti montre deux modèles de "hijood", un habit mêlant hijab et hoody, dans sa boutique de Sydney (Australie), le 20 août 2016. (SUBEL BHANDARI / DPA / AFP)

"Ils n'ont pas compris ce qu'était le burkini." Aheda Zanetti, la créatrice de ce costume de bain pour femmes musulmanes, s'étonne des débats autour du burkini en France, alors que cette tenue est, assure-t-elle, considérée comme normal en Australie. L'Australienne juge que les autorités françaises n'ont pas saisi pourquoi le burkini avait été créé et ne devraient pas l'ériger en symbole de division. Elle le déclare, mercredi 24 août, dans une interview à la Fondation Thomson Reuters (en anglais).

Un vêtement "créé pour s'intégrer dans la société"

"Le burkini a été créé pour plus de liberté, de flexibilité et de confiance. Il a été créé pour s'intégrer dans la société australienne", explique Aheda Zanetti, ajoutant que tout le monde peut le porter, peu importe sa religion. La créatrice estime d'ailleurs que 40% de ses clientes ne sont pas musulmanes. Elle évoque des survivantes du cancer, des mères complexées ou des femmes qui veulent protéger leur peau du soleil ont également acheté le burkini.

Aheda Zanetti, qui vit depuis plus de quarante ans en Australie, a eu l'idée de créer le burkini en voyant les difficultés de sa nièce, qui porte le hijab, à trouver des vêtements légers pour jouer au netball - un sport semblable au basketball - dans son école. Elle a donc créé le costume de bain en 2004, afin que les musulmanes puissent porter un vêtement qui couvre leur tête, comme le hijab, lorsqu'elles pratiquent des activités ou des sports dans l'eau.