"Les Femen soumettent leurs adeptes et les considèrent comme de la chair à canon"

Les Femen sont-elles coupables de "dérive sectaire" ? C'est en tout cas ce dont les accuse Georges Fenech, député du Rhône et président du groupe d'études sur les sectes à l'Assemblée nationale. Il s'explique à francetv info.

Des Femen protestent, seins nus, devant l\'ambassade d\'Ukraine à Paris, le 29 août 2013.
Des Femen protestent, seins nus, devant l'ambassade d'Ukraine à Paris, le 29 août 2013. (PATRICK KOVARIK / AFP)

Pour lui, les actions des Femen "s'apparentent à des pratiques à caractère sectaire"Georges Fenech, député du Rhône et président du groupe d’études sur les sectes à l’Assemblée, a ainsi saisi la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (Miviludes), lundi 10 février. Il demande la dissolution du mouvement féministe radical. Explications.

Francetv info : Pourquoi qualifiez-vous les Femen de mouvement "sectaire" ?

Georges Fenech : Tous les critères sont réunis. Les Femen véhiculent un discours antisocial avec une remise en cause profonde des fondements de la République. Elles portent un message de haine religieuse contraire au principe de laïcité à travers des actes de profanation, comme ce fut le cas à l’église de la Madeleine, mais aussi de dégradation, comme à Notre-Dame ou au Vatican.

En outre, les Femen soumettent leurs adeptes et les considèrent comme de la chair à canon. Elles exercent une certaine emprise qui a d'ailleurs été récemment révélée par une ex-militante française. Enfin, il existe une certaine opacité sur ce mouvement. Qui le dirige ? Avec quel financement ? En tant que président du groupe d’études sur les sectes à l’Assemblée, j’ai demandé à la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (Miviludes) de faire connaître sa position à l’égard de ce mouvement, ainsi que les initiatives qu’elle pourrait prendre. Je souhaite la dissolution de l’association,  au motif de "dérive sectaire". C'est une initiative possible par la voie de la dissolution judiciaire de la loi de 1901.

La dissolution du mouvement ne risque-t-elle pas de porter atteinte à la cause féministe ?  

Les Femen ne sont pas un mouvement féministe. Au contraire, elles desservent la cause des femmes : bariolées d’inscriptions, dénudées, elles dénaturent le corps féminin. C’est en réalité un groupement sataniste qui désacralise les lieux de culte, qui profane le domaine du sacré et qui dégrade l’autorité religieuse. Elles portent une grave atteinte à la République. Et représentent une menace pour la société.

Pourtant, la leader des Femen en France, Inna Shevchenko, incarne justement la République sur ses nouveaux timbres postaux…

Non, les Femen ne sont pas représentatives de notre démocratie et de nos valeurs républicaines. C’est pour cela que j’appuie, avec d’autres députés, le retrait de ce nouveau timbre-poste. Le créateur a confié s’être inspiré d'Inna Shevchenko, la cofondatrice et chef de file des Femen en France. Or, je ne pense pas qu’Inna Shevchenko puisse être assimilée à notre Marianne, symbole de notre République et de ses valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité. En tant que ministre de l’Intérieur, Manuel Valls devrait prendre des dispositions pour revenir sur le droit d’asile qui a été accordé à cette dernière, qui a été accueillie pour des raisons politiques. Un droit d’asile, cela s’honore et pour moi, elle n’a plus rien à faire en France.