La CAF de Dordogne suspend ses aides aux maisons de quartier ouvertes plus tard pendant le ramadan

L'organisme public reproche une ouverture jusqu'à 1 heure du matin de deux maisons de quartier à Bergerac (Dordogne) durant la période de ramadan, ce qui constitue une rupture des principes de neutralité et de laïcité, selon la CAF.

Le centre social \"Germaine Tillon\" dans le quartier de Naillac, à Bergerac (Dordogne).
Le centre social "Germaine Tillon" dans le quartier de Naillac, à Bergerac (Dordogne). (RADIO FRANCE / BENJAMIN FONTAINE)

La Caisse d'allocations familiales (CAF) de Dordogne a décidé de suspendre l'agrément et les financements qu'elle octroie à deux maisons de quartier de Bergerac, rapporte France Bleu Périgord, lundi 4 juin. L'organisme public reproche à la ville d'ouvrir les centres de la Brunetière et "Germaine Tillon" jusqu'à 1 heure du matin pendant la période du ramadan, constituant une rupture des principes de neutralité et de laïcité, selon elle.

Le directeur de la Caisse d'allocations familiales de Bergerac, Michel Beylot, en a informé le maire de la commune, Daniel Garrigue, au cours de la semaine écoulée. Le maire Daniel Garrigue "ne comprend pas cette décision" qui concerne ces centres situés dans les quartiers de La Catte et de Naillac, à Bergerac. Selon l'élu ouvrir ces lieux situés dans des quartiers prioritaires où la population musulmane est importante représente une simple mesure d'ordre public.

La religion n'a rien à voir avec cela. On s'adapte aux habitudes des gens durant cette période.Daniel Garrigueà France Bleu Périgord

"Pendant cette période, les gens mangent plus tard et sortent plus tard en soirée", commence par expliquer Daniel Garrigue. L'élu poursuit en avançant que "cela posait parfois des problèmes de tapages nocturnes". Le choix a donc été "d'ouvrir ces lieux pour éviter les tensions et permettre à ces gens, souvent jeunes de jouer aux cartes ou autre".

L'ouverture plus tardive est assurée par les agents de la ville qui sont volontaires et payés en heures supplémentaires. "Il faut aussi rappeler qu'en temps normal le centre ouvre déjà deux à trois jours par semaine jusqu'à 22 heures", précise Daniel Garrigue. Selon le maire, parmi les usagers des centres, certains seraient pratiquants, mais d'autres ne font pas le jeûne. Pour l'élu, "c'est comme si on décrétait qu'il ne devait rien se passer à Noël parce que c'est une fête religieuse".

Une médiation doit avoir lieu, mardi, à la préfecture pour tenter de trouver une entente. Le maire de Bergerac pourrait porter l'affaire en justice s'il venait à perdre les 300 000 euros qui sont alloués chaque année pour ces centres sociaux. De son côté, le directeur de la caisse, Michel Beylot, espère trouver un compromis "en bonne intelligence". En cas d'accord, il pourrait revenir sur sa décision. L'an dernier, la CAF avait déjà alerté la ville sur ces ouvertures nocturnes.