La première quête par carte bancaire en France à Paris : "Enfin, l'Eglise entre dans le 21e siècle !"

Dimanche et pour la première fois en France, la possibilité de participer à la quête avec sa carte bancaire sans contact a été proposée aux paroissiens de l'église Saint-François de Molitor dans le 16e arrondissement à Paris.

Les fidèles ont désormais le choix pour faire un don à l\'église Saint-François de Molitor à Paris 16e : verser des pièces de monnaie ou un paiement par carte bancaire sans contact.
Les fidèles ont désormais le choix pour faire un don à l'église Saint-François de Molitor à Paris 16e : verser des pièces de monnaie ou un paiement par carte bancaire sans contact. (DIOCESE DE PARIS)

Ils sont quelques centaines de fidèles à participer à la messe dimanche 21 janvier à l'église Saint-François de Molitor dans le 16e arrondissement de Paris. Et au moment de la quête, une nouveauté : l'ouverture au paiement "dématérialisé". Le traditionnel panier en osier pour les pièces ou les billets est toujours là, mais à côté, un panier connecté. A l'intérieur, sous un cache blanc, un téléphone est relié à un terminal de paiement sans contact.

C'est normalement très rapide. Certains ont toutefois un peu plus de mal. "Il faut d'abord appuyer ici. Puis vous choisissez le montant et enfin on passe la carte", explique une fidèle, qui découvre l'appareil. Au bout de quelques minutes, "ça marche, je pense".

Moderniser l'Eglise

En moyenne, à Paris, un paroissien donne 98 euros par an au moment de la quête. Le diocèse assure que le but de cette innovation n'est pas de faire payer davantage les fidèles, mais bien d'adapter l'Eglise à son temps."La quête représente 14% des ressources des paroisses à Paris. Si ça augmente, ce sera une conséquence heureuse. Notre objectif, c'est vraiment d'acquérir un nouveau réflexe", explique Christophe Rousselot en charge du développement des ressources financières au diocèse de Paris

Nous ne disons pas : 'n'utilisez plus la monnaie', en revanche, un jour, ils n'auront plus la monnaie dans leur poche. Donc, il n'y a aucune raison que l'Eglise catholique reste dans sa sacristie avec ses méthodes d'autrefoisChristophe Rousselot, chargé des ressources humaines au diocèse de Parisfranceinfo

Caroline et Marguerite sont venues spécialement pour cette quête connectée. "On trouve ça super. Cela nous permet de payer avec les moyens qu'on utlise le plus aujourd'hui", indique l'une des deux curieuses. "Je n'ai jamais de monnaie sur moi. Ce qui est rigolo, c'est qu'on peut donner ou 2 euros, ou 3 euros, ou plus. Finalement, ce n'est pas mal parce qu'on ne prévoit jamais assez. Moi, par exemple, je suis étudiante. Deux euros, ça me va. C'est plus facile et si l'Eglise peut anticiper ça, c'est très bien", reconnaît sa camarade. Même pour ceux qui avaient prévu quelques pièces, la nouvelle est plutôt bien accueillie. "L'Eglise rentre au 21e siècle, enfin, donc c'est bien", admet un fidèle, habitué aux pièces et billets. Sa voisine songe déjà à changer ses habitudes.

La monnaie nous pose des tas de problèmes, enfin à moi. Je suis obligé de faire de la conserve de piècesUne fidèle de l'église Saint-François de Molitorfranceinfo

Elle ajoute tout de même qu'elle ne sait "même pas" si sa carte dispose du sans contact. "Je vais voir avec ma banque". En attendant, la quête traditionnelle ne disparaît pas à Saint-François de Molitor, mais si le test est concluant, la quête sans contact pourrait se développer dans les 120 paroisses parisiennes.  

La première quête 2.0 à l'église : reportage de Fiona Moghaddam
--'--
--'--