"Il y en a marre des Arabes" : une enquête ouverte à Marseille après les propos racistes du président d'un club nautique

Après la publication de ces propos par le média Marsactu, la mairie a annoncé suspendre ses relations avec l'association, dont le président a finalement démissionné.

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Le Vieux-Port de Marseille, le 19 février 2021. (NICOLAS TUCAT / AFP)

"Alors, je ne suis pas raciste, mais maintenant il y en a marre des Arabes." Ces propos racistes tenus par le président bénévole du Yachting Club de la Pointe-Rouge, un club nautique de la ville, lors d'un conseil portuaire, sont dans le viseur de la justice. Le parquet de Marseille a annoncé, mardi 27 avril au soir, avoir ouvert une enquête préliminaire pour "provocation publique à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou non appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée".

Evoquant le problème des incivilités lors d'une réunion sur le port de plaisance de la Pointe-Rouge le 22 février, Christian Tommasini a évoqué l'éventualité d'une "ratonnade" et déclaré : "Ils profitent de la demi-heure de parking gratuite… en plus, que des melons, que des Arabes. Pas un blond, un Blanc, un qui est bien comme il faut, non, que des Arabes", cite le média local Marsactu (article réservé aux abonnés), qui a révélé les propos, enregistrement de la séance à l'appui. 

Les propos ont ensuite été signalés au parquet par l'association SOS Racisme et le collectif marseillais "Trop jeune pour mourir", qui mobilise les habitants des cités contre la violence. La mairie de la ville avait également annoncé son intention de faire un signalement, et les élus de droite, de gauche et LREM de Marseille avaient vivement condamné ces déclarations de Christian Tommasini

La mairie suspend ses relations avec l'association

Dénonçant sur Twitter des propos "abjects et inacceptables", le maire de Marseille, Benoît Payan (PS), a par ailleurs assuré que la ville "suspend[ait] toutes ses relations avec cette association". 

"Aucun Français, quelles que soient ses origines, ses idées ou sa couleur de peau, ne mérite les propos stigmatisants qui ont été tenus. Ce n'est pas acceptable", a condamné de son côté la présidente LR de la métropole, Martine Vassal.

Du côté de LREM, la députée Alexandra Louis a également mis en cause l'attitude de Didier Réault, le vice-président à la métropole délégué à la mer et au littoral, présent à la réunion, qui aurait dû "stopper net cette intervention raciste" et "faire un article 40 pour saisir la justice". L'article 40 du Code de procédure pénale impose aux agents publics le signalement de crimes ou de délits dont ils auraient connaissance dans leurs fonctions.

Le président du club démissionne

Jugeant cette polémique "complètement ridicule", Christian Tommasini avait confirmé mardi auprès de l'AFP avoir tenu ces propos, expliquant "que ses mots [avaient] dépassé [s]a pensée". Revenant sur le terme "ratonnade", il avait poursuivi : "Je ne ferais jamais un truc comme ça."

Mercredi, dans un message posté sur la page Facebook du club, il a finalement annoncé démissionner de la présidence. "Suite aux propos malencontreux qui ont dépassé ma pensée lors de la réunion du conseil portuaire, et le séisme sur les réseaux sociaux, je me dois de préserver avant tout les intérêts de notre club", écrit-il.

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