Génération identitaire conteste sa dissolution devant le Conseil d'Etat

Le groupuscule d'extrême droite a été dissous en mars dernier par le gouvernement pour "incitation à la discrimination, à la haine et à la violence".

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France Télévisions
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Un sticker du groupe d'extrême-droite Génération identitaire, à Paris, le 6 mars 2021. (RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / AFP)

Le groupuscule d'extrême droite Génération identitaire a contesté vendredi 30 avril devant le Conseil d'État sa dissolution décrétée en mars par le gouvernement, en rejetant l'idée qu'il incite à la haine en liant systématiquement immigration et insécurité.

Lors de l'audience en référé, l'avocat du goupe Pierre Robillot, a estimé que l'association ne faisait qu'"interpeller" sur des questions d'actualité, dans la lignée des débats publics sur ces sujets.

"Pour Génération identitaire, tout immigré est une personne violente en puissance et susceptible de passer à l'acte. Il y a un lien automatique entre violence, immigration et insécurité", a au contraire accusé Pascale Léglise, la directrice adjointe des affaires juridiques au ministère de l'Intérieur, lors de l'audience.

Plusieurs actions islamophobes

En appui, Pascale Léglise a cité différents slogans du groupuscule d'extrême droite, égrenés au long de leurs neuf années d'existence : "Quand tu sors de chez toi, tu n'es plus en sécurité", "la racaille peut frapper", "on les accueille, ils nous égorgent", "immigration, invasion""Face à l'insécurité, la racaille et l'islamisation : Protège ton peuple !", écrivait aussi l'association sur Twitter.

Créée en 2012, l'association loi 1901, dont le nombre de militants et sympathisants est estimé par les spécialistes à 800 tout au plus, s'est fait connaître en occupant le chantier d'une mosquée en construction à Poitiers. Elle avait alors déployé une banderole évoquant "732" lorsque "Charles Martel a battu les Arabes à Poitiers". Génération identitaire a également attiré l'attention médiatique et politique avec ses actions anti-migrants dans la Méditerranée ou les Alpes. 

Dans le décret portant dissolution, le gouvernement accusait l'association d'"incitation à la discrimination, à la haine et à la violence" et de "volonté d'agir en tant que milice privée". En réaction, Génération identitaire avait déposé un recours auprès du Conseil d'Etat pour "excès de pouvoir" ainsi qu'un référé-suspension (procédure d'urgence) dans le but de suspendre la dissolution de l'association, le temps que le Conseil d'Etat statue sur le fond.

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