Ce que l'on sait du meurtre de Vanesa Campos, prostituée tuée au bois de Boulogne

La prostituée transexuelle, arrivée du Pérou il y a deux ans, a été abattue d'une balle dans le thorax. Cinq personnes sont mises en examen.

Une marche blanche a été organisée vendredi 24 août 2018 en mémoire de Vanesa Campos. 
Une marche blanche a été organisée vendredi 24 août 2018 en mémoire de Vanesa Campos.  (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Vanesa Campos, une prostituée transgenre de 36 ans, arrivée du Pérou en 2016, a été tuée dans la nuit du 16 au 17 août, au bois de Boulogne, à Paris. Franceinfo résume ce que l'on sait de ce meurtre dénoncé par plusieurs associations de travailleurs du sexe. 

Vanesa Campos est morte en tentant d'empêcher des hommes de dépouiller un client

Le déroulement des faits n'est pas complètement éclairci mais, selon les témoignages recueillis par Libération, Vanesa Campos aurait appelé à l'aide vers 23 heures, depuis l'intérieur du bois. "Elle a crié pour nous avertir qu'un groupe d'hommes armés étaient en train de débarquer au niveau de sa zone de travail, raconte au quotidien l'une de ses collègues. A ce moment précis, nous étions une grande majorité à être déjà occupées avec nos clients, mais on s’est toutes mises à courir pour lui venir en aide. C’est là qu’on a entendu un premier coup de feu." 

Le corps dénudé de Vanesa Campos est retrouvé sans vie moins d'une heure plus tard. Elle avait tenté d'empêcher plusieurs hommes de dépouiller un client, mais les agresseurs se sont "acharnés sur elle", affirme un policier au Parisien. L'autopsie a révélé qu'elle n’avait pas été tuée par arme blanche mais par balle, précise le journal, ainsi qu'une source proche du dossier à l'AFP.

Selon Le Canard enchaîné, le pistolet qui a tué la prostituée appartenait à un policier. L'agent avait laissé son arme avec un chargeur dans sa voiture au bois de Boulogne et se l'est fait voler quelques jours plus tôt, affirme le journal satirique. Contactés par franceinfo, ni le préfecture de police ni le parquet de Paris n'ont souhaité commenter cette information du journal.

Des associations signalent "d'autres agressions antérieures"

Selon le communiqué du Syndicat du travail sexuel et d'Acceptess-T, cette attaque "fait suite à d'autres agressions antérieures". D'après l'une des témoins interrogée par Libération, "ils étaient deux ou trois hommes à être là quasiment tous les soirs, à venir nous racketter ou voler dans la voiture de nos clients". Mais Vanesa Campos ne se laissait pas faire et "était une meneuse dans le combat" contre ces bandes qui sévissent "depuis trois ans" dans le bois, explique à l'AFP son "amie et collègue" Romina, une femme trans qui vient d'Equateur.

Des associations mettent en cause la loi qui pénalise les clients des prostitués – ils sont désormais passibles d'une amende de 1 500 euros. Elle "est responsable à 100% de la mort de Vanesa", expliquent des organisations présentes lors d'une marche blanche organisée vendredi 24 août, car elle pousse les prostituées à exercer dans des endroits plus isolés, à l'écart de la police, où elles sont plus exposées aux agressions. 

Cinq personnes ont été mises en examen 

Huit personnes ont été interpellées le 21 août et placées en garde à vue dans le cadre de l'enquête diligentée par la brigade criminelle. Cinq d'entre elles, âgées de 16 à 30 ans, ont été mises en examen et placées en détention provisoire pour "meurtre commis en bande organisée" et "vols en réunion avec dégradation" après l'ouverture de l'information judiciaire.