VIDEO. Prisons : 350 surveillants bloquent Fleury-Mérogis, après l'agression de six gardiens

Ils protestent contre le manque de personnel face à la surpopulation carcérale.

Plus de 350 surveillants pénitentiaires ont bloqué, pendant plusieurs heures, lundi 10 avril, la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne). Ils protestent contre la récente agression de six gardiens dans la plus grande prison d'Europe, minée par la surpopulation carcérale et le manque de personnel. Munis de pancartes "Au feu, la pénit' brûle", "Surpopulation, sous-effectifs, danger", les manifestants ont dressé des barricades sur l'unique avenue qui mène à la prison.

Les surveillants réclament notamment une fouille générale de la prison, des effectifs supplémentaires et l'abrogation de la législation qui les oblige à justifier les fouilles à nu de détenus. Un rendez-vous entre l'intersyndicale (Ufap-Unsa Justice, CGT Pénitentiaire, FO Pénitentiaire) de Fleury et la direction de l'administration pénitentiaire est prévu mardi 11 avril à 14 heures, selon les syndicats, qui prévoient aussi une "marche des oubliés de la République", dans la ville de Fleury-Mérogis.

"Un surveillant gère des centaines de détenus"

La maison d'arrêt est actuellement remplie à 180% de sa capacité. Elle accueille plus de 4 200 détenus et près de 150 postes de fonctionnaires sont vacants, selon les syndicats. Jeudi, six gardiens de la prison ont été blessés par huit mineurs lors d'une altercation entre détenus qui a dégénéré en bagarre. "La situation est juste intenable. Cette agression, c'est la goutte d'eau de trop", a estimé Olivier Legentil, du syndicat Ufap-Unsa Justice.

"Les détenus sont de plus en plus jeunes et de plus en plus violents", a confié à l'AFP une gradée en poste depuis 15 ans à Fleury, sous couvert d'anonymat. "S'ils n'ont pas ce qu'ils veulent de suite, ils frappent le premier surveillant qui passe." Selon elle, la surpopulation attise les tensions et le sous-effectif les aggrave. "Ici, un surveillant gère une centaines de détenus. Faites ça dans un hôtel, vous verrez comment les clients vont réagir", peste-t-elle.

Des surveillants pénitentiaires forment une chaîne humaine, devant la maison d\'arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne), le 10 avril 2017.
Des surveillants pénitentiaires forment une chaîne humaine, devant la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne), le 10 avril 2017. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)