Vidéo Alcool, téléphones, couteaux... à la prison de Villepinte, les colis lancés depuis l'extérieur se ramassent par dizaines

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Chaque jour, des dizaines de colis illicites sont projetés par-dessus les murs de cette prison
Envoyé spécial
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France Télévisions

Comme dans toutes les maisons d'arrêt, à Villepinte, en Seine-Saint-Denis, rien n'arrête les "projections", ces colis illicites lancés depuis l'extérieur à destination des détenus. Extrait d'un reportage d'"Envoyé spécial" à voir le 23 juin 2022.

Grilles, filets anti-hélicoptère, miradors… comme toutes les maisons d'arrêt françaises, la prison de Villepinte (Seine-Saint-Denis) est censée être une forteresse. Pourtant, rien n'arrête ce que le jargon pénitentiaire appelle les "projections", ces colis illicites envoyés depuis l'extérieur par-dessus les murs d'enceinte. Pour s'en approcher au plus près, les "lanceurs" n'hésitent pas à couper le grillage par endroits. Ils seraient payés en moyenne 100 euros par lancer, que le colis arrive ou non à destination.

"Envoyé spécial" a suivi une Equipe locale d'appui et de contrôle (ELAC) dans l'une de ses nombreuses tâches : ramasser les "projections" de la nuit. Comme chaque jour, elles se comptent par dizaines. Certaines sont tombées à côté d'une des cours de promenade. Le sol est jonché de détritus — une tactique des détenus, semble-t-il, pour masquer les colis qu'ils récupéreront ensuite à l'aide de cannes à pêche bricolées.

Des détritus pour masquer les colis

Parmi les projections, des bouteilles en plastique qui contiennent "un peu de tout", résume un agent. "Souvent, ce n'est que de l'alcool, explique-t-il. Mais une fois qu'ils sont 'torchés', ça part vite en inter." Comprenez "intervention", notamment en cas de bagarre entre détenus.

Les ballots renferment de l'alcool, des chichas, et surtout des téléphones portables et chargeurs... mais aussi, parfois, des envois moins inoffensifs. Ce jour-là, le scanner révèle la présence de couteaux dans un paquet. Il y en a quatre, d'une vingtaine de centimètres. De quoi inquiéter le surveillant : "Un détenu qui a ça dans la main quand vous ouvrez une cellule, moi, perso, je rigole pas." La direction est immédiatement alertée. Les attaques au couteau contre le personnel pénitentiaire sont rares, mais traumatisantes. 

Extrait de "Prison : la vie derrière les barreaux", un reportage à voir dans "Envoyé spécial" le 23 juin 2022.

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