Un détenu a agressé deux surveillants dans la prison de Condé-sur-Sarthe dans l'Orne

Les deux victimes ont été transportées à l'hôpital. Leur pronostic vital n'est pas engagé. Le détenu est retranché et il affirme porter une ceinture d'explosifs.

Le centre pénitentiaire d\'Alençon-Condé sur Sarthe.
Le centre pénitentiaire d'Alençon-Condé sur Sarthe. (ST?PHANE GEUFROI / MAXPPP)

Un détenu de la prison de Condé-sur-Sarthe, dans l'Orne, a agressé mardi 5 mars à 9h45 deux surveillants pénitentiaires avec un couteau en céramique, a appris franceinfo de source proche du dossier. Les deux victimes ont été transportées à l'hôpital, leur pronostic vital n'est pas engagé. "Un des deux surveillants est au bloc opératoire", a précisé Nicole Belloubet, la ministre de la Justice lors d'une conférence de presse à Paris. 

Le détenu s'est retranché avec sa compagne dans l'unité de "vie famille". Il a déclaré avoir une ceinture d'explosifs sur lui, a appris franceinfo de source proche du dossier. Toujours selon cette même source, des chiens renifleurs sont sur place pour détecter la présence d'éventuels explosifs.

Condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour enlèvement, séquestration suivi de mort et vol avec arme, l'agresseur présumé a également écopé d'un an de prison pour apologie du terrorisme.

Le RAID sur place

Une cellule de crise a été mise en place. Des agents du RAID, l'unité d'élite de la Police Nationale, sont actuellement présents en renfort de l'ERIS (équipe régionale d'intervention et de sécurité) de Rennes mobilisée depuis mardi matin. La section antiterroriste du parquet de Paris a également été saisie.

le caractère terroriste ne fait aucun douteLa ministre de la Justicefranceinfo

"L'attaque de deux surveillants par un détenu est un acte très grave, une attaque terrible", a déclaré Nicole Belloubet. La ministre de la Justice a par ailleurs demandé une inspection de la prison de Condé-sur-Sarthe dans l'Orne. Pour la ministre, le "caractère terroriste ne fait aucun doute."

Le détenu, fiché FSPRT (fichier pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste) qui est toujours retranché à la prison de Condé-sur-Sarthe, avait bénéficié d'un séjour en unité "vie famille". Il était suivi par le renseignement pénitentiaire. Ce n'était "pas un détenu simple à gérer", a précisé Nicole Belloubet. Toujours selon la ministre, il n'y a pas de contact établi avec le détenu pour le moment.

Concernant le couteau en céramique utilisé pour agresser les surveillants, la ministre affirme qu'il "n'y a pas de couteau en céramique dans les cuisines des établissements pénitentiaires". Donc la question de la provenance du couteau reste posée."Il faudra tirer toutes les conséquences de cet acte", a-t-elle poursuivi. Une enquête judiciaire et une enquête administrative ont été ouvertes.

A noter que la prison de Condé-sur-Sarthe compte 110 détenus pour 195 places. Il n'y a donc pas de surpopulation carcérale. C'est un des deux établissements les plus sécurisés de France.