Prisons : les "tensions" que vivent les gardiens "ne trouveront pas leur issue dans l'accord" car "les problèmes sont plus globaux"

Yaël Braun-Pivet, présidente de la commission des lois à l'Assemblée nationale, a affirmé, lundi sur franceinfo, avoir "pris la mesure du malaise" qui secoue actuellement le monde pénitentiaire.

Un surveillant pénitentiaire à la prison des Baumettes, à Marseille (Bouches-du-Rhône), le 6 novembre 2017.
Un surveillant pénitentiaire à la prison des Baumettes, à Marseille (Bouches-du-Rhône), le 6 novembre 2017. (BORIS HORVAT / AFP)

Face à la colère du personnel pénitentiaire, Yaël Braun-Pivet, présidente de la commission des lois à l'Assemblée nationale, a assuré, lundi 22 janvier sur franceinfo que "tout le monde a pris la mesure du malaise". Toutefois, la députée LREM des Yvelines a prévenu que toutes les tensions que les surveillants connaissent au quotidien "ne trouveront pas leur issue dans l'accord qui est en train d'être négocié parce que la difficulté et les problèmes auxquels ils sont confrontés sont beaucoup plus globaux".

>>> Direct : Colère des surveillants de prisons

Les négociations entre le gouvernement et les surveillants de prison sur des revendications salariales et sécuritaires doivent reprendre, lundi après-midi, avec la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, après le rejet des propositions du gouvernement, samedi.

franceinfo : Le gouvernement a-t-il pris la mesure du malaise dans les prisons ?

Yaël Braun-Pivet : Tout le monde a pris la mesure du malaise. L'Assemblée nationale travaille depuis trois mois sur cette question. Les budgets de l'administration pénitentiaire ont augmenté dans le budget voté à l'automne et le président a annoncé un grand plan pour la pénitentiaire qui devrait intervenir au premier trimestre 2018.

Les syndicats parlent de "mesurettes", que leur répondez-vous ?

Je comprends qu'ils sont soumis à d'extrêmes tensions dans le quotidien de leur métier. Ces tensions ne sont pas nouvelles et ne trouveront pas leur issue dans l'accord qui est en train d'être négocié. La difficulté et les problèmes auxquels ils sont confrontés sont beaucoup plus globaux. Les négociations continuent sur les conditions de travail et la sécurité du personnel, notamment, mais la question des tensions et de la prise en charge des détenus est bien plus globale.

Concernant les revalorisations de salaires, êtes-vous d'accord ?

Il faut effectivement revoir la gestion des ressources humaines dans son ensemble. C'est une question de salaire, de valorisation, de progression de carrière, mais aussi d'intérêt de la profession. Dans certains établissements, je pense notamment à ceux qui sont les plus vétustes, la profession de surveillants est souvent dévalorisée. Je pense qu'il faut développer tout ce qui est attractivité de la profession dans son coeur et dans son essence-même.

Sur la question sécuritaire, qui est au centre des revendications, que prévoyez-vous ?

C'est une question globale. (...) Il y a des détenus dangereux pour lesquels on doit avoir des solutions de prise en charge spécifique. Mais il y a un contexte de tensions qui est la résultante de beaucoup de choses qu'il faut traiter globalement.

Mais les surveillants ont besoin de réponses aujourd'hui, et pas dans plusieurs années avec ce plan global.

Je comprends leur impatience. À l'Assemblée nationale, nous avons lancé quatre missions d'information. Nous devons rendre nos conclusions dans deux mois, donc je n'appelle pas cela du long terme.