"J’étais un grand timide et je me suis transformé" : aux Baumettes à Marseille, des cours pour favoriser la réinsertion des détenus

Une structure d'accompagnement vers la sortie est testée à la prison de Marseille, avec l'objectif d'éviter la récidive. 

La prison des Baumettes à Marseille le 13 septembre 2018.
La prison des Baumettes à Marseille le 13 septembre 2018. (SPEICH FREDERIC / MAXPPP)

"Ils m’ont fait sortir plus tôt. J’avais pris un an ferme, j’ai purgé quatre mois et demi", explique un ancien détenu qui a purgé sa peine de prison aux Baumettes à Marseille. Il a bénéficié, pendant sa détention, d'une structure d'accompagnement vers la sortie (SAS). "J’étais un grand timide", confie l'ex-détenu qui a éprouvé le programme testé depuis octobre 2018 auprès de personnes condamnées à une peine, ou un reliquat de peine, de moins de deux ans.

Infirmier de profession, il explique qu'il n'avait pas réussi à s'exprimer lors de son procès pour trois récidives de défaut de permis de conduire. L'une des formations intitulée "maîtriser sa parole pour préparer sa sortie" a été bénéfique. "En faisant ces cours, je me suis transformé le jour où je suis repassé devant le juge et la procureure, dit-il. Je me suis exprimé naturellement, poliment. Ils nous ont appris des façons de faire avec les mains, les gestes pour se présenter, dire bonjour."

J’ai répondu aux bonnes questions, au bon moment et sans stress.Un ancien détenu des Baumettesà franceinfo

Au total, 101 détenus des Baumettes peuvent bénéficier de la structure d’accompagnement vers la sortie, prévue dans le plan prison. Un premier bilan sera établi d’ici l'été. Parmi eux, Bruno Palazzolo, fondateur et dirigeant du club Toastmasters Marseille, du nom du réseau international auquel il a adhéré et qui travaille sur la prise de parole en public depuis 90 ans. Pour les détenus, "c’est apprendre à parler en prison, ne serait-ce que sur eux-mêmes, dire ce qu’ils pensent, ce qu’ils ressentent, explique Bruno Palazzolo. Et on sait très bien qu’en prison, les émotions prennent parfois le pas sur la communication. La violence peut remplacer les mots."

C’est une communication entre eux. Ensuite, c’est comment trouver un logement, un travail, se réinsérer socialement.Bruno Palazzolo, club Toastmasters Marseilleà franceinfo

Le détenu est placé dans l’expérience de la prise de parole. On lui apprend "à improviser", poursuit le formateur, c'est-à-dire "être agile" quand on vous interroge. "C’est aussi apprendre à faire un discours de présentation de soi, qui va être utile après pour se présenter à un employeur, et apprendre à écouter un retour pour s’améliorer", conclut Bruno Palazzolo.

Aux Baumettes à Marseille, des cours pour favoriser la réinsertion des détenus - un reportage d'Olivier Martocq
--'--
--'--