Japon: un ancien gardien de prison dénonce les conditions de détention des prisonniers

Au Japon, un ancien gardien de prison a décidé de démissionner pour dénoncer les conditions de détention et d'exécution des prisonniers.

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FRANCEINFO

Toshio Sakamoto est un ancien gardien de prison au Japon. Après vingt-sept ans passés à côtoyer des condamnés à mort, il a décidé de démissionner pour dénoncer les conditions de détention et d'exécution. "Quand un crime a lieu, on voit le criminel partout dans les journaux et ensuite ils nous arrivent. Mais là on découvre alors un être humain plutôt banal, bien différent des images de télé, des articles de journaux... À se demander si on parle de la même personne", raconte-t-il.

110 prisonniers attendent dans le couloir de la mort

La plupart des prisonniers ignorent quand ils seront exécutés. Ils n'en sont généralement avertis que quelques heures avant, mais pas toujours. Le système est dur aussi pour les gardiens de prison, qui doivent procéder à l'exécution par pendaison ou y assister, sans aucun soutien psychologique. "C'est vraiment quelque chose d'effroyable. Imaginez une masse de 70 kilos, comme une grosse pierre, qui rebondit le long d'une corde en nylon après une chute de cinq mètres," poursuit l'ancien gardien. Il est difficile de faire évoluer les choses dans un pays qui soutient majoritairement la peine de mort. 110 prisonniers attendent dans le couloir de la mort, dont 52 depuis plus de dix ans.

Un couloir dans la prison de Fresnes (Val-de-Marne), le 11 janvier 2018.
Un couloir dans la prison de Fresnes (Val-de-Marne), le 11 janvier 2018. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)