Evasions à Marseille : un détenu présent dans le fourgon cellulaire raconte comment il a refusé de suivre les quatre autres qui se sont évadés

Alors que ses codétenus lui demandaient de le suivre, il a préféré refermer les portes du fourgon. 

Le palais de justice de Marseille.
Le palais de justice de Marseille. (MAXPPP)

Alors que quatre détenus se sont évadés dans la soirée du lundi 14 octobre lors de leur transfert entre le palais de justice de Marseille et la prison des Baumettes, quatre autres détenus ont refusé de les suivre. L'avocat de l'un de ces prévenus a raconté à franceinfo que son client avait préféré rester dans le fourgon cellulaire.

"Pendant le transfert, les portes du véhicule se sont ouvertes, les quatre évadés ont fait sauter les verrous des box à l'intérieur du fourgon et ont demandé à leurs co-détenus de les suivre", explique maître Martin Méchin. Son client, a refusé de le faire. Il est resté dans le fourgon avec trois autres détenus, après l'évasion des quatre hommes.

Demandes de remise en liberté refusées, par peur des évasions

"Il est sorti de son box pour aller refermer les portes du fourgon". Cet homme âgé de 46, père de deux enfants est en détention préventive depuis 3 ans dans l'affaire dite du "gang des collecteurs", un vaste réseau international de blanchiment d'argent de la drogue, dont le procès s'est ouvert ce lundi 14 octobre pour trois semaines, au tribunal correctionnel de Marseille. 18 prévenus interpellés en 2016 sont jugés pour avoir collecté 70 millions d'euros.

Ce détenu considéré comme le "collecteur central" dans ce dossier encourt dix ans de prison. Son avocat assure qu'il a fait plusieurs demandes de remises en liberté qui ont toujours été refusées parce la justice craignait qu'il en profite pour s'évader.