Agression de trois surveillants à la prison de Vendin-le-Vieil : "Nous tâtonnons sur la prise en charge quotidienne" des détenus

Damien Pellen, premier secrétaire du syndicat national des directeurs pénitentiaires CFDT a réagi, vendredi, à l'agression de trois surveillants à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais). Selon lui, le quotidien est très dur à gérer en prison.

Un surveillant de la prison de Vendin-le-Vieil dans le Pas-de-Calais. 
Un surveillant de la prison de Vendin-le-Vieil dans le Pas-de-Calais.  (MAXPPP)

L'organisateur des attentats de Djerba de 2002, l'islamiste allemand Christian Ganczarski, a agressé et légèrement blessé jeudi après-midi trois surveillants de la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais). "Aujourd'hui, nous tâtonnons sur la prise en charge quotidienne" des détenus, a admis, vendredi 12 janvier sur franceinfo, Damien Pellen, premier secrétaire du syndicat national des directeurs pénitentiaires CFDT. 

Des passages à l'acte violents juste avant la sortie

Les faits se sont produits à l'ouverte de sa cellule. "L'ouverture d'une cellule est toujours compliquée", a expliqué Damien Pellen. "On a beau regarder à travers l'œilleton, on ne peut pas présager du comportement de quelqu'un", y compris "d'un détenu qui était particulièrement surveillé". D'autant qu'"il y a un potentiel d'armes inimaginable dans une cellule", a-t-il assuré. "Une brosse à dent peut devenir une arme."

L'islamiste de 51 ans était en fin de peine, mais s'était fait notifier une demande d'extradition vers les États-Unis. "On est confrontés régulièrement dans les établissements à des passages à l'acte violents à quelques jours ou quelques semaines de la sortie, que les détenus soient radicalisés ou non", a indiqué Damien Pellen. Dans ce cas précis, "le détenu ne voulait pas aller aux États-Unis". Mais "on a d'autres détenus qui ne veulent pas sortir, tout simplement parce qu'ils n'ont aucun point de chute à l'extérieur".

Débrayage des gardiens de prison 

Un mouvement de débrayage au niveau national a débuté vendredi à 6h45. "Nous comprenons la réaction des personnels pénitentiaires qui peuvent être régulièrement confrontés à des actes de violence. Ce qui s'est passé à Vendin-le-Vieil est emblématique", a réagi le premier secrétaire du syndicat national des directeurs pénitentiaires CFDT.

"Aujourd'hui, nous tâtonnons sur la prise en charge quotidienne (des détenus) parce que c'est notre travail d'essayer des prises en charge différentes. Je ne pense pas qu'il y ait une solution, mais des solutions, en fonction des personnalités qu'on a en face", a estimé Damien Pellen.