À Marseille, des détenus et des surveillants réalisent des courts-métrages sur la vie en prison

Huit établissements pénitentiaires de la région de Marseille ont participé au concours de courts-métrages Hors-Champ en réalisant des fictions dans lesquelles détenus et personnels jouent devant la caméra.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Extrait de l'un des courts-métrages du festival Hors-Champ.  (FRANCEINFO)

Abdallah est un personnage de fiction. Il est interprété par Hichem Bouzaini, un détenu au centre pénitentiaire de Salon-de-Provence. Devant la caméra, Abdallah sort de prison et retrouve la liberté. Mais, derrière l'écran, Hichem Bouzaini reste en prison. Il a joué comme acteur dans un court-métrage produit avec d'autres détenus et des surveillants. 

"La sensation d'être libérable, ça m'a fait penser à ma famille, au projet d'avenir que j'ai et au fait que la vie continue. Cela fait plusieurs années que je suis en prison. Mais, ma vraie vie elle est à l'extérieur. C'est pour ça que ce film, ce projet, ça me donne beaucoup d'espoir", confie t-il. 

Créer du lien social

Neuf courts-métrages ont été réalisés dans huit établissements pénitentiaires de la région. C'est la première édition du concours Hors-Champ. Au total, 72 détenus et 30 surveillants et personnels de l'administration participent à ce projet avec une ambition : créer du lien social.

Ce qu'explique Julien Troullioud, coordinateur culturel de la direction interrégionale des services pénitentiaires de Marseille. "On veut faire du lien entre les activités qu'il y a dans les prisons mais aussi faire du lien avec le monde extérieur", note t-il. 

Si certains détenus ont brillé devant la caméra, comme Hichem, d'autres ont tenu un rôle plus discret, mais tout aussi important à la réalisation d'un film. Saïd Abdou, qui n'était pas enchanté au premier abord par le projet cinématographique, s'est laissé convaincre d'être preneur de son. Il a adoré l'expérience. 

"On apprend un métier sur le tas"

Saïd Abdou, détenu au centre pénitentiaire d'Aix-Luynes

"Ils m'ont dit : 'tu nous aides?'. Et moi, sous forme de boutade j'ai répondu : 'si vous voulez, je peux être perchiste'. Je me suis dit que ça serait une belle expérience, mais j'ai eu des crampes aux bras. C'est vrai qu'il faut être près du son, près des acteurs, se déplacer. Il y a tout un accompagnement. On apprend un métier sur le tas", sourit Saïd. 

Pour de nombreux détenus qui souffrent, comme lui, d'une déprime de l'enfermement, ce festival Hors-Champ est aussi une formidable bulle d'oxigène. 

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