Prism : Apple livre sa version (enjolivée) de l'affaire

Deux semaines après les révélations concernant le logiciel Prism aux Etats-Unis, le géant de l'informatique Apple a livré ce lundi sa version des faits. Dans un communiqué, l'entreprise s'arrange parfois avec la vérité pour prouver son honnêteté. Décryptage.

(Mike Segar Reuters)

Prism, c'est le nom du logiciel utilisé par les services secrets américains pour recueillir des informations dans les bases de données de neuf géants de l'informatique. Dévoilé grâce aux informations d'un ancien agent, Edward Snowden, ce système permet aux Etats-Unis d'espionner les ressortissants non-américains.

Après Microsoft et Facebook, Apple a diffusé aujourd'hui un communiqué sur son site donnant sa position sur l'affaire et sur ce qu'elle fait des données de ses utilisateurs. Voila le vrai et le faux de ses déclarations.

 

 

"Nous ne donnons d'accès direct à nos serveurs à aucune agence de l'Etat"

Sur ce point, Apple joue sur les mots. En effet, l'entreprise californienne n'a pas donné d'accès direct à sa base de données. Cela dit, d'après les révélations d'Edward Snowden, comme les autres entreprises concernées par le scandale, elle aurait développé un outil parallèle facilitant cet accès.

Apple déclare également ne jamais avoir entendu parler de Prism avant le début du scandale. Encore une fois, l'entreprise californienne temporise. Si elle ne connaissait pas le nom de l'outil créé par la NSA (National Security Agency ), elle savait que les services secrets pouvaient espionner ses données.

 

 

"Apple a reçu entre 4.000 et 5.000 requêtes des services américains de sécurité"

La marque à la pomme apporte un peu de transparence. Elle explique avoir reçu l'autorisation de dévoiler qu'entre décembre 2012 et mai 2013, elle avait reçu entre 4.000 et 5.000 requêtes de l'ensemble des services de police aux Etats-Unis, du shérif à l'agent de la NSA.

Ces requêtes auraient principalement servi à "enquêter sur des vols, chercher des enfants disparus, essayer de localiser des patients avec Alzheimer ou éviter des suicides ".

La marque à la pomme se donne ici le bon rôle. Cela dit, elle évite prudemment de préciser combien de ces requêtes ont été établies sous la procédure FISA (Foreign Intelligence Surveillance Act ). Celle-là même qui permet d'espionner n'importe quel étranger dans le monde qui a des données hébergées chez les géants concernés par l'affaire Prism.

 

 

"Nous ne fournissons pas aux services de sécurité certaines informations que nous ne gardons pas"

Apple rappelle enfin que ses services juridiques vérifient toutes les requêtes reçues et choisissent parfois de ne pas y répondre. L'entreprise de Cupertino ajoute qu'une partie de ses données ne sont jamais transmises pour la simple et bonne raison qu'elle ne les enregistre pas.

Sont concernés par cette exception : les géolocalisations liées à Map ou à Siri mais aussi FaceTime et les iMessage. Apple déclare d'ailleurs avoir développé un système d'encryptage de ces outils qui ne permet à personne d'en connaître la teneur. En avril dernier, une note des services de lutte contre le trafic de drogue américain confirmait l'efficacité de ce système.