Le propriétaire du site porno Jacquie et Michel mis en examen pour complicité de viol

Placé sous contrôle judiciaire dans le cadre de cette enquête sur des soupçons de dérives dans le porno amateur, Michel Piron est ressorti libre du tribunal. 

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France Télévisions
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Une boutique du site Jacquie et Michel, à Nancy, le 28 mai 2016.  (MAXPPP)

Le propriétaire du site pornographique JacquieetMichel.net a été mis en examen vendredi 17 juin. Interpellé mardi avec son épouse et trois autres hommes, Michel Piron, 64 ans, est accusé de complicité de viol et traite d'être humain en bande organisée. Après avoir passé 72 heures en garde à vue, il a été placé sous contrôle judiciaire dans le cadre de cette enquête sur des soupçons de dérives dans le porno amateur. Sa femme, Araceli, a elle été placée sous le statut de témoin assisté : elle est donc ressortie libre du tribunal judiciaire de Paris.

Les trois autres hommes – un ancien acteur et deux ex-réalisateurs  ont également été mis en examen dans ce dossier, pour viols, complicité de viol, proxénétisme en bande organisée et traite d'être humain en bande organisée. L'un d'eux est aussi poursuivi pour complicité de viol avec acte de torture et de barbarie. Il a été placé en détention provisoire. 

En juillet 2020, le parquet avait ouvert une enquête confiée à la police judiciaire parisienne, après un signalement adressé par Osez le féminisme, les Effronté-es et le mouvement du Nid. Ces trois associations relayaient les témoignages de plusieurs actrices qui assuraient avoir été contraintes à des "pratiques sexuelles 'hors normes et douloureuses'" alors qu'elles n'étaient pas consentantes. 

Des scènes "litigieuses"

Dans un communiqué, Nicolas Cellupica, avocat du groupe Arès, présidé par Michel Piron et détenteur du site pornographique, a affirmé qu'il était reproché à Michel Piron "des faits – contestés – concernant une seule plaignante, en 2013""Le groupe Jacquie et Michel acquiert et diffuse des milliers de vidéos par an réalisées par des producteurs indépendants et regrette profondément que sept scènes litigieuses aient pu être tournées parmi celles-ci, sur les 20 dernières années", souligne-t-il encore. 

Dans un livre-enquête intitulé Judy, Lola, Sofia et moi (éd. Goutte d'Or), le journaliste Robin d'Angelo avait raconté son infiltration dans l'industrie du porno amateur et dénoncé l'absence récurrente de consentement et le non-respect du droit du travail. Le groupe, fondé en 1999 et qui annonçait 15 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2016, selon le journaliste, a fondé son succès sur l'achat à petits prix de vidéos amateur en France, avant de professionnaliser peu à peu sa production pour en venir à concurrencer désormais Dorcel parmi les leaders de l'industrie pornographique.

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