"On est en train d'éjecter les pères et de les rendre facultatifs" : les opposants à la PMA pour toutes descendent de nouveau dans la rue

Un collectif de 22 associations, dont la Manif pour tous, appelle à se rassembler sous la bannière Marchons enfants, dimanche à Paris.

Des manifestants rassemblés avant le début de la mobilisation contre la PMA pour toutes, place Edmond-Rostand à Paris, le 6 octobre 2019. 
Des manifestants rassemblés avant le début de la mobilisation contre la PMA pour toutes, place Edmond-Rostand à Paris, le 6 octobre 2019.  (WLADISLAS AULNER / HANS LUCAS / AFP)

Seront-ils plus nombreux que le 6 octobre 2019 ? Ce jour-là, 74 500 personnes avaient défilé dans la capitale contre l'extension de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes. Trois mois plus tard, dimanche 19 janvier, les opposants sont de nouveau appelés à descendre dans la rue, à l'avant-veille de l'examen au Sénat du projet de loi bioéthique.

"Est-ce-que dans 30 ans, on ne va pas se réveiller en se disant 'on a bousillé des générations entières d'enfants qui vont vivre sans père' ?", interroge Camille, une manifestante pour qui la PMA pour toutes met en "péril" la civilisation. Mais d'après elle, rien n'est joué : Emmanuel Macron peut encore retirer son projet de loi.

Les anti-PMA toujours déterminés

La jeune femme de 29 ans participe au cortège dimanche à Paris, même si elle dit comprendre la souffrance des couples de lesbiennes et de femmes seules qui ont un désir d'enfant. Elle s'oppose fermement à la PMA sans père. "On ne va pas remettre en cause l'amour et l'éducation que peuvent donner un couple de femmes ou une mère célibataire", explique-t-elle avant d'ajouter : "La question c'est, est-ce-qu'on va transformer tous nos désirs en droits, est-ce qu'on ne va pas créer une inégalité pour les enfants en les privant délibérément de leur père ?"

Qui sommes-nous pour réinventer la filiation, changer la procréation ? Ce n'est pas parce que c'est techniquement faisable que c'est forcément souhaitable.Camille, une opposante à la PMA pour toutesà franceinfo

"Une loi vertigineuse" c'est comme ça qu'un autre opposant, Thomas, qualifie la loi bioéthique. Cet homme de 37 ans est donc lui aussi dans les rues de la capitale dimanche. "En tant qu'homme, je me dis qu'on est en train d'éjecter les pères et de les rendre facultatifs, c'est très problématique", estime-t-il, regrettant "qu'on nous présente celle loi comme une marche vers l'égalité, mais c'est en fait un effet cliquet, c'est-à-dire que d'un seul coup, l'enfant devient un droit".

Ce qui inquiète Thomas, "car si aujourd'hui un couple de femmes ou une femme seule auront droit à un enfant, demain, on ne voit pas pourquoi est-ce qu'un couple d'hommes n'aurait pas droit à cet enfant".

On est en train de donner le cadre légal et la possibilité de réaliser des GPA.Thomas, un opposant à la PMA pour toutesà franceinfo

"Bien évidemment" concède le jeune homme, "la souffrance" de ne pas avoir d'enfant "peut être entendue, mais à quel prix", s'interroge-t-il. "À partir du moment où il y a un enfant en jeu, on ne peut pas jouer avec ça, on ne peut pas jouer avec l'origine de ces enfants. C'est trop risqué et on ferait des apprentis sorciers", conclut-il.

Les anti-PMA descendent de nouveau dans la rue
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