#pasdevagues : la police à l'école, "une réponse à côté" face aux difficultés du quotidien

Stéphane Crochet, secrétaire général du syndicat SE-UNSA, estime que la majorité des problèmes auxquels font face les enseignants sont "les difficultés du quotidien", plus que les faits de violence.

Des policiers devant un lycée du Val-de-Marne (photo d\'illustration).
Des policiers devant un lycée du Val-de-Marne (photo d'illustration). (MIGUEL MEDINA / AFP)

Stéphane Crochet, enseignant et secrétaire général du syndicat SE-UNSA, explique vendredi 26 octobre sur franceinfo que le #pasdevagues exprimait un appel à l'aide pour "les difficultés du quotidien", davantage que sur les faits de violences, qui ne représentent que "1%" des incidents au sein des établissements scolaires. Les mesures répressives proposées par le gouvernement, avec notamment la présence de policiers dans les établissements dans certains cas, sont "une réponse à côté", dit-il.

franceinfo : Les forces de l'ordre dans les établissements dans certains moments de tension, est-ce une aide bienvenue pour les professeurs ?

Stéphane Crochet : Ça peut être une aide bienvenue dans les situations tout à fait exceptionnelles. Le travail de collaboration aujourd'hui est déjà très réel avec la police ou avec la justice. Mais je crois que c'est une réponse à côté de ce qui vient de s'exprimer à travers le #pasdevagues, qui est l'expression de difficultés du quotidien, de difficultés très nombreuses, d'un sentiment d'isolement, de souffrances au travail parfois de nos collègues qui ne relèvent pas de ces phénomènes de violences qui sont aujourd'hui ciblés par le gouvernement. On attendait autre chose que des mesures répressives. Les faits de violences auxquels le gouvernement répond aujourd'hui, ils sont de l'ordre de 1% des incidents dans les établissements. Et donc les mesures ne répondent pas aux 99% autres situations compliquées, des situations du quotidien dans des établissements qui ne sont pas particulièrement identifiés comme difficiles.

80% des violences physiques ou verbales se déroulent dans la salle de classe. Il faut plus de formation des enseignants ?

Il faut évidemment beaucoup plus de formation et notamment en formation initiale parce que les démarrages dans le métier sont souvent difficiles. Et puis je voudrais qu'on réussisse à faire la différence entre les difficultés du quotidien qui peuvent être des incivilités, une forme d'insolence, une tension et la violence. Ne mélangeons pas tout. Ce que nos collègues ont exprimé au travers du hashtag, c'est cette difficulté du quotidien dans le climat de la classe, dans le climat de l'établissement et c'est là-dessus qu'il faut travailler par la formation des enseignants mais aussi une autre façon de travailler ensemble, en équipe, dans l'établissement. Aujourd'hui, à l'éducation nationale, nous n'avons pas ce qui existe pourtant dans toutes les autres structures qui travaillent avec des jeunes, c'est-à-dire des temps de régulation d'équipe qui permettent de dire, d'exprimer, de croiser les regards et de sortir de cet isolement. Quand on est moins isolé, on réagit mieux, avec les élèves aussi.

Les chefs d'établissements se sont également exprimés contre une présence systématique des forces de l'ordre dans les écoles. Enseignants et chefs d'établissement semblent raccord sur le sujet ?

C'est plutôt bon signe même si la place des uns et des autres, à la direction de l'établissement ou dans les classes peut assez régulièrement occasionner des tensions dans le quotidien. Tous ensemble, on est quand même une communauté éducative, on est tous ensemble dans le même bateau, on a à cœur de faire réussir tous ensemble nos élèves et de les faire grandir aussi. Il n'est pas plus étonnant que ça qu'on ait le même discours éducatif.