Paris : les migrants du lycée Jean-Jaurès évacués sous tension

Le lycée Jean-Jaurès à Paris, occupé depuis le 21 avril par plusieurs dizaines de migrants, a été évacué ce mercredi. Les CRS ont dû gérer entre 100 et 200 manifestants venus en soutien. Le préfet a assuré mercredi midi que les occupants délogés bénéficieront d'un hébergement d'urgence dans la journée.

(Près de 200 personnes se sont rassemblées devant le lycée vers 5h ce mardi pour tenter d'empêcher l'évacuation © Radio France / Sylvain Tronchet)

L'évacuation a commencé vers 6h ce mercredi matin. A 9h, trois bus de la préfecture de police étaient déjà partis, avec à leur bord une centaine de migrants.

"Au total, 277 occupants ont été recensés ", a annoncé mercredi midi le préfet de police Michel Cadot au micro de France Info. Vendredi dernier, le tribunal administratif de Paris avait jugé illégale l'occupation de cet établissement du 19e arrondissement, inutilisé car en travaux. Le Conseil régional d'Ile-de-France avait demandé l'évacuation immédiate du bâtiment.

Une évacuation sous les huées des manifestants

Entre 100 et 200 manifestants venus en soutien aux migrants ont hué les forces de l'ordre pendant  Des militants du mouvement Nuit debout et des habitants du quartier sont mobilisés depuis une semaine contre cette évacuation. Après des moments de confrontation, un important cordon de sécurité a été mis en place par les CRS pour tenir le gros des manifestants à distance.

Un tri des migrants dans la cour du lycée

Pendant ce temps à l'intérieur du lycée un tri a été effectué par nationalité, entre les hommes et les femmes avec ou sans enfants. Un tri également fait entre ceux qui ont déjà demandé l’asile en France et ceux qui n’ont pas entamé des démarches administratives. Ces derniers iront en centre de rétention, les autres peuvent espérer un hébergement temporaire dont la trentaine de femmes présentes, certaines enceintes. Des militants présents ont dénoncé ’ une nouvelle rafle’.

Les occupants relogés dans la journée

Après l'évacuation tendue le préfet de police s'est voulu rassurant au micro de France Info, affirmant que les occupants délogés bénéficieront d'un hébergement d'urgence dans la journée.

"Les familles ont été orientées vers le centre Emmaüs pour un hébergement de jour puis un hébergement stable. Les 200 autres personnes évacuées, a continué le préfet de police, font l'objet d'un examen de leur situation administrative et elles bénéficieront d'un hébergement aujourd'hui même, en relation avec la préfecture d'Île-de-France ", a-t-il assuré

"L'opération d'évacuation du lycée s'est déroulée sans heurts mais avec une opposition très forte d'une quinzaine de militants du collectif 'Chapelle debout' qu'il a fallu écarter ", a précisé Michel Cadot pour expliquer les tensions constatées et justifier l'usage de gaz lacrymogène par les forces de l'ordre face à la chaîne humaine formée par quelques manifestants.