Paris : les "dames pipi" aux Prud'hommes pour sauver leur emploi

Depuis le premier juillet, une demi-douzaine de sanitaires parisiens ont changé de gestionnaires. Mais cette reprise menace l'emploi des "dames pipi". Elles ont porté l'affaire devant le tribunal des Prud'hommes ce mercredi pour continuer de travailler et sauver le lien social qu'elles ont instauré depuis 30 ans avec les habitants, comme avec les touristes. La décision est rendue ce jeudi.

(Gabrielle Adam et ses collègues manigestent depuis un mois devant leur lieu de travail contre leur licenciement © RF / Sandrine Etoa-Andegue)

"On nous a jetées comme un chiffon, à la rue, à notre âge ! " Gabrielle Adams est l’une des 11 "dames pipi" parisiennes qui manifestent tous les jours depuis un mois devant leur lieu de travail à Montmartre, fermé au public. Elles ont rendez-vous ce mercredi au tribunal des prud’hommes de Paris, qui rendra publique sa décision demain jeudi.

Gabrielle Adams, dame pipi depuis 29 ans entend bien garder son emploi, malgré le changement de gestionnaire des sanitaires
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Ces femmes contestent les conditions de reprise d’une demi-douzaine sanitaires de plusieurs lieux touristiques, qui prévoient leur licenciement pur et simple. Elles n’auraient pas le profil, ne maîtriseraient pas assez de langues. Elles ont donc décidé d’assigner en justice leur ancien patron, l’entreprise Stem Propreté, et le nouveau gestionnaire depuis le 1er juillet, la société néerlandaise 2theloo.

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A 60 ans pour la plupart, les "dames pipi", qui "voient de tout, des gens des quartiers, des touristes, des gens bons, mauvais, dégueulasses… " reprochent aux deux sociétés de les mettre sur la touche. "Les besoins par terre, les pipis à côté… depuis 1986 je nettoie , explique Gabrielle Adam. C’est dur !  Ç a m’a plu, je l’ai fait, avec bon cœur. Ils nous ont dit qu’on à qu’à se recycler, à 62 ans… qu’est-ce qu’on va faire  ?"