Olivier Falorni, député : "Les géants du Net sont complices tacites, collaborateurs passifs de Daech"

Invité de France Info, Olivier Falorni, député divers gauche, a déploré la "collaboration passive" des géants du nets face aux méthodes de recrutement et d'embrigadement de Daech.

(Le député divers-gauche Olivier Falorni © Aurélien Morissard / AFP Citizen Side)

"Les géants du Net sont des complices tacites, je dirais même des collaborateurs passifs de Daech" a déclaré ce vendredi Olivier Falorni, député divers gauche de Charente-Maritime, réagissant à l'utilisation massive des réseaux sociaux par les membres du groupe Etat Islamique. 

Le membre de la commission d'enquête parlementaire aux moyens mis en oeuvre par l'État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015 s'est dit fatigué "d'entendre dire à chaque attentat : tel jeune s'est radicalisé sur Internet, tel réseau a organisé son attentat par le biais d'applications. On a l'impression qu'un certain nombre d'applications sont devenus des califats numériques."

Olivier Falorni a déploré la "collaboration passive des géants du Net" , expliquant avoir reçu leurs représentants dans le cadre de la commission parlementaire aux moyens mis en oeuvre par l'Etat pour lutter contre le terrorisme :**** "Ils ont été à l'égard des parlementaires et même vis-à-vis de l'état, d'un mépris souverain, nous renvoyant en permanence au 1er amendement de la Constitution américaine qui est celle de la liberté absolue de parole."

Des poursuites judiciaires à envisager 

Pour le député, ces géants du Net ont les moyens de lutter contre l'utilisation de leurs réseaux par le groupe Etat Islamique : "Facebook s'est acharné à retirer par exemple le tableau de Gustave Courbet, l'origine du monde, parce qu'il représentait un sexe féminin. Ca on l'a censuré immédiatement. Par contre, les vidéos de Daech décapitant des innocents sont publiées".

A LIRE AUSSI ►►► Saint-Etienne-du-Rouvray : Kherliche annonçait ses intentions meurtrières sur l'appli Telegram 

L'élu a estimé que ces géants du Net devaient prendre "leurs responsabilités pour ne pas porter demain la complicité et la responsabilité de nouveaux attentats" . Il a ainsi imaginé que la Cour de justice européenne pourrait "attaquer Facebook, Google, Twitter pour complicité avec l'Etat Islamique. C'est peut-être le seul moyen pour leur faire comprendre leurs responsabilités dans cette guerre mondiale."