Nucléaire : les plus vieux réacteurs français prolongés de dix ans

Prévus au départ pour durer quarante ans, ces réacteurs pourront fonctionner durant cinquante ans, estime l'Autorité de sûreté nucléaire. Mais l'ASN demande à EDF de réaliser des travaux pour améliorer la sûreté des centrales qui les utilisent.

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La centrale nucléaire du Bugey, dans l'Ain, le 22 janvier 2020. (MAXPPP)

La décision était attendue. L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a ouvert la voie jeudi 25 février à la poursuite du fonctionnement des plus vieux réacteurs en France, dont la durée de vie devrait passer de 40 à 50 ans. L'ASN demande néanmoins à EDF de réaliser des travaux pour améliorer leur sûreté. Cette décision porte sur les 32 réacteurs de 900 MW, les plus anciens du parc français, mis en service pour l'essentiel dans les années 1980. 

Les centrales concernées sont : Bugey (Ain), Blayais (Gironde), Chinon (Indre-et-Loire), Cruas (Ardèche), Dampierre (Loiret), Gravelines (Nord), Saint-Laurent (Loir-et-Cher) et Tricastin (Drôme). Certains réacteurs, mis en service au tournant des années 1980, ont dans les faits déjà passé le cap des 40 ans de service.

Une prolongation sous conditions

L'ASN a fixé dans ce texte les conditions pour qu'ils puissent fonctionner au-delà de leur quatrième "réexamen périodique", qui a lieu tous les dix ans, soit jusqu'à la fin des années 2020 ou 2030, selon la date de mise en service. 

"Un premier objectif est de réduire les conséquences des accidents et notamment des accidents graves, avec une fusion du cœur du réacteur", a expliqué Julien Collet, directeur général adjoint de l'ASN. Des améliorations sont notamment prévues pour que la radioactivité reste confinée à l'intérieur de l'enceinte en cas d'accident.

"Le deuxième grand volet porte sur le renforcement aux agressions qui peuvent survenir sur ces installations", a-t-il poursuivi. Sont visées les agressions externes (séisme, inondation, chaleur extrême...) et interne (incendie...). Enfin, un dernier volet porte sur "le renforcement au niveau de la piscine d'entreposage des combustibles usés", a indiqué Julien Collet.

Greenpeace demande la fermeture des centrales

Les opposants au nucléaire réclament pour leur part depuis longtemps une fermeture des centrales anciennes, comme cela a été décidé pour la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin), la doyenne des centrales, arrêtée l'an dernier.

"Les centrales nucléaires françaises en activité ont été conçues pour fonctionner entre trente et quarante ans. Au-delà, les réacteurs nucléaires entrent dans une phase de vieillissement inconnue", estime Greenpeace. L'ONG demande de "préparer les prochaines fermetures".

La France tire aujourd'hui près de 70% de son électricité du nucléaire, un record mondial. Elle veut ramener cette part à 50% en 2035 pour faire plus de place aux renouvelables, mais hésite aussi à relancer un nouveau programme de construction de réacteurs.

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