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L'Elysée travaille au remplacement des vieilles centrales nucléaires par des EPR

Selon "Le Monde", l'exécutif planche sur un projet de remplacement des centrales dont le fonctionnement est trop coûteux par des EPR de troisième et quatrième génération.

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France Télévisions
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L'EPR de Flamanville (Manche), lors de l'installation du dôme du site, le 16 juillet 2013. (  MAXPPP)

Le parc nucléaire français pourrait subir un lifting en profondeur. Selon Le Monde (article payant), daté du lundi 10 janvier, l'Elysée envisage de remplacer certaines centrales nucléaires vieillissantes par des centrales EPR de troisième ou quatrième génération. Selon le quotidien, ce projet concernerait les centrales dont la prolongation au-delà de 40 ans coûterait trop cher à EDF. Le fournisseur d'électricité est en effet sommé par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) de les mettre aux nouvelles normes de sûreté décidées après l'accident survenu à Fukushima, au Japon, en mars 2011.

Ces affirmations interviennent alors qu'une loi sur la transition énergétique est attendue dans le courant de l'année. Un texte qui devrait renvoyer François Hollande à sa promesse faite durant la campagne présidentielle : réduire de 75% à 50% la part du nucléaire dans la production d'électricité en France d'ici à 2025. Mais selon Le Monde, tenir cette promesse ne signifie pas pour autant se détourner de l'atome. Car si les centrales trop coûteuses au-delà de 40 ans seront bien fermées, elles seront remplacées par des infrastructures nucléaires plus modernes sur les mêmes sites.

La France, vitrine du nucléaire

Pour parvenir à tenir sa promesse de campagne, François Hollande compte sur un mécanisme exposé par Henry Proglio, le patron d'EDF : en 2025, avec six millions d'habitants supplémentaires et des nouvelles technologies gourmandes en électricité, le parc énergétique français ne produira que 60% des besoins du pays, le nucléaire en assumant bien 50%, comme promis.

Cette stratégie permettrait à l'exécutif de ne pas renier une promesse, tout en profitant du coup de pouce pour la compétitivité des entreprises françaises qu'offre une électricité locale moins chère. Mais surtout, la France deviendrait une vitrine idéale pour les géants de l'industrie nucléaire que sont Areva, Vinci ou Alstom, en quête de marchés extérieurs. Le Monde avance par ailleurs que le nucléaire est revenu en odeur de sainteté au gouvernement : "L'atome s'inscrit parfaitement dans la logique de la transition énergétique puisque le nucléaire est une énergie qui n'émet pas de CO2" explique ainsi un conseiller ministériel.

Bataille parlementaire en vue

Pour l'heure, ni l'Elysée, ni Matignon, ni EDF n'ont réagi à ces informations. Selon Le Monde, le ministère de l'Ecologie confirme que "le débat est bien posé en ces termes". Le ministère explique "être en discussion avec la direction stratégique d'EDF", ajoutant toutefois que "rien n'est abouti et toutes les bornes pas encore fixées". Cette prudence s'explique par le désaccord que cette stratégie risque d'engendrer au sein de la majorité, notamment chez les écologistes, frontalement opposés au nucléaire. Leur cible favorite est d'ailleurs l'EPR de Flamanville (Manche), qui a vu son coût passer de 3,3 milliards en 2005 à 8,5 milliards en 2012.

Une difficile bataille se profile ainsi au Parlement pour faire adopter la loi sur la transition énergétique. Non seulement pour constituer une majorité, mais aussi pour déterminer quelle commission sera chargée de l'examiner. Celles des affaires économiques ou celles du développement durable ? Les membres de ces instances parlementaires seraient aujourd'hui en désaccord, certains exigeant la création d'une commission spéciale.

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