Greenpeace France porte plainte contre une députée LREM pour incitation au meurtre

L'élue La République en marche (LREM) de la Nièvre Perrine Goulet avait suggéré d'amender la loi pour autoriser les forces de sécurité à tirer sur les intrus dans les centrales nucléaires.

La députée LREM de la Nièvre Perrine Goulet, le 30 janvier 2018 à l\'Assemblée nationale.
La députée LREM de la Nièvre Perrine Goulet, le 30 janvier 2018 à l'Assemblée nationale. (MAXPPP)

"Pourquoi nous ne ferions pas un peu comme aux Etats-Unis, (...) avec possibilité de ne pas se poser de questions et, quand il y a une intrusion, de tirer ?" A l'occasion d'une commission d'enquête parlementaire sur la sécurité dans les installations nucléaires, jeudi, la députée La République en marche (LREM) de la Nièvre Perrine Goulet avait suggéré au ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, la possibilité d'amender la loi pour autoriser les forces de sécurité à tirer sur les intrus. Des propos qui ont indigné l'ONG Greenpeace, qui a annoncé lundi 26 mars sa décision de porter plainte pour incitation au meurtre.

"Ces propos sont graves et indignes d’une élue de la République", estime dans un communiqué Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France.

Suggérer de tirer sur des militants non violents ne résoudra en rien le manque de sécurité dans les centrales nucléaires d'EDF.Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France

"Si les militants de Greenpeace se sont introduits à deux reprises dans deux centrales nucléaires en six semaines, c’est pour dénoncer les failles de sécurité de ces installations et tout particulièrement des piscines d'entreposage de combustible usé qui sont très mal protégées face au risque d’attaques extérieures", continue le militant écologiste.

La députée pensait plutôt à "tirer dans les jambes"

Interrogée vendredi par France 3 Bourgogne, la députée s'est défendue d'avoir appelé à "tuer" les militants de Greenpeace. "J’ai peut-être mal tourné ma phrase. Le mot 'tirer' pour moi n’était pas tirer pour tuer mais tirer dans les jambes, par exemple, comme ça se fait aux Etats-Unis. C’était une proposition. On est dans une commission, on fait des suggestions, ce n’est pas un projet de loi. C’était dans un questionnement au ministre de l’Intérieur", s'est-elle justifiée.

Des propos qui n'ont pas convaincu Jean-François Julliard.