Greenpeace France a porté plainte contre une députée LREM qui voulait "tirer" en cas d'intrusion dans une centrale

L'élue La République en marche (LREM) de la Nièvre Perrine Goulet avait suggéré d'amender la loi pour autoriser les forces de sécurité à tirer sur les intrus dans les centrales nucléaires.

La députée LREM de la Nièvre Perrine Goulet, le 30 janvier 2018 à l\'Assemblée nationale.
La députée LREM de la Nièvre Perrine Goulet, le 30 janvier 2018 à l'Assemblée nationale. (MAXPPP)

"Pourquoi nous ne ferions pas un peu comme aux Etats-Unis, (...) avec possibilité de ne pas se poser de questions et, quand il y a une intrusion, de tirer ?" A l'occasion d'une commission d'enquête parlementaire sur la sécurité dans les installations nucléaires, la députée La République en marche (LREM) de la Nièvre Perrine Goulet avait suggéré fin mars au ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, la possibilité d'amender la loi pour autoriser les forces de sécurité à tirer sur les intrus. Des propos qui ont indigné l'ONG Greenpeace, qui a annoncé samedi 5 mai avoir déposé plainte pour "provocation à un crime ou un délit", confirmant une information du Monde.

"C'est la première fois que des propos comme ça sont tenus sur des militants de Greenpeace. Ils sont extrêmement dangereux", a estimé Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France. "Greenpeace n'est que le messager : le problème n'est pas l'intrusion de ses militants mais bien la vulnérabilité des centrales nucléaires", a-t-il jugé.

La députée pensait plutôt à "tirer dans les jambes"

Interrogée fin mars par France 3 Bourgogne, la députée s'était défendue d'avoir appelé à "tuer" les militants de Greenpeace. "J’ai peut-être mal tourné ma phrase. Le mot 'tirer' pour moi n’était pas tirer pour tuer mais tirer dans les jambes, par exemple, comme ça se fait aux Etats-Unis. C’était une proposition. On est dans une commission, on fait des suggestions, ce n’est pas un projet de loi. C’était dans un questionnement au ministre de l’Intérieur", s'est-elle justifiée.

Des propos qui n'avaient alors pas convaincu Jean-François Julliard.