EPR de Flamanville : "Encore beaucoup de choses à faire" avant l'autorisation de mise en service, selon l'Autorité de sûreté nucléaire

Les travaux ont débuté en 2007.

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Le réacteur 3 de l'EPR de Flamanville (Manche), en construction, le 2 février 2018.  (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

"Il y a encore beaucoup de choses à faire" avant de pouvoir "délivrer l'autorisation de mise en service" de l'EPR de Flamanville, a indiqué ce jeudi 27 mai sur franceinfo, Bernard Doroszczuk président de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Cette mise en service est "souhaitée par l'exploitant [EDF] à fin 2022", a rappelé le président de l'ASN. Ce projet a commencé en 2007. A l'époque EDF projetait un démarrage en 2012. Avec les travaux, les modifications, les réparations le projet a pris du retard. "L'Autorité de sûreté nucléaire a la responsabilité de vérifier que cet EPR répond à toutes les obligations de sûreté", a insisté Bernard Doroszczuk.

franceinfo : Quelle décision l'Etat doit-il prendre pour gérer ses déchets radioactifs. Que faut-il en faire et comment ?

Bernard Doroszczuk : Les matières et les déchets radioactifs en France font l'objet d'un examen périodique de planification. C'est un exercice dans lequel sont définis les moyens de faire face à l'augmentation des déchets nucléaires, quelle que soit leur nature. Nous sommes aujourd'hui dans la préparation du cinquième plan de gestion des matières et des déchets nucléaires qui sera un plan pour cinq ans, et nous estimons, au vu des éléments dont nous disposons, que dans les cinq ans à venir, il faudra absolument faire des choix sur les décisions à prendre, quelles que soient les filières de déchets, pour disposer dans quinze ans d'exutoire, de stockage pour tous les déchets. Quels que soient les types de déchets, il est absolument urgent de prendre une décision dans les 5 ans qui viennent. Sinon, la France ne pourra pas faire face au stockage des déchets dans les vingt ans.

"Ce qui est important sur l'EPR bien évidemment, c'est le fait qu'il est toujours en cours de construction."

Bernard Doroszczuk

à franceinfo

Quand on voit les problèmes du chantier de Flamanville, les retards accumulés, la France doit-elle construire de nouveaux EPR ?

C'est une décision qui incombe au gouvernement. L'ASN n'a pas à se prononcer sur le choix de politique énergétique et sur le choix des éventuelles constructions à réaliser. Ce qui est important sur l'EPR bien évidemment, c'est le fait qu'il est toujours en cours de construction. Il faut effectivement qu'il puisse être réalisé dans des conditions satisfaisantes pour que l'Autorité de sûreté nucléaire donne son autorisation à sa mise en service, qui est aujourd'hui souhaitée par l'exploitant à fin 2022. Mais il y a encore beaucoup de choses à faire. C'est une décision de politique énergétique. Le choix de faire un EPR a été pris il y a quelques années. L'Autorité de sûreté nucléaire a la responsabilité de vérifier que cet EPR répond à toutes les obligations de sûreté pour qu'on puisse en délivrer l'autorisation de mise en service.

Vous avez mené une consultation du public sur la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires sur la base de cette consultation, que préconisez-vous ?

Nous avons réalisé effectivement à la fin de l'année dernière une consultation ouverte au public sur une décision très importante que nous avons prise le 23 février dernier et qui consistait à accepter le principe d'une prolongation de durée de vie des réacteurs les plus anciens, il y en a 32, qui sont de 900 mégawatts d'EDF. À l'issue d'une très longue instruction qui a permis de regarder au fond, nous avons estimé, au vu des obligations que nous avons prescrites à EDF en termes d'amélioration de sûreté, que l'on pouvait effectivement prolonger de dix ans la durée de vie de ces 32 réacteurs. C'est un élément fondamental qui correspond bien évidemment à une décision à articuler avec la politique énergétique.

"Les 32 réacteurs vont connaître leur échéance de 40 ans."

Bernard Doroszczuk

à franceinfo

Il faut des travaux de mise aux normes, donc, pour prolonger la durée de vie des réacteurs. Est-ce que ces travaux seront achevés avant la fin du fonctionnement des réacteurs, avant qu'ils ne soient trop vieux ?

Les 32 réacteurs vont connaître leur échéance de 40 ans. Il y aura un quatrième réexamen étalé entre 2020 et 2031, donc, au fur et à mesure que ces réacteurs connaîtront cette échéance importante de visite décennale, au fur et à mesure que ces réacteurs connaîtront cette échéance importante de visite décennale. Ils intégreront les modifications les plus importantes que nous avons prescrites en termes d'amélioration de sûreté. Tout ne se fera pas au moment de la visite décennale. Il y aura certaines modifications qui seront réalisées quatre ans plus tard. Et bien évidemment, nous avons privilégié les modifications à plus fort enjeu pour qu'elles soient réalisées au moment de la visite décennale.

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