EPR de Flamanville : deux ONG déposent plainte contre EDF

Ces organisations souhaitent alerter sur le "manque de rigueur" des constructeurs de l'EPR.

Le réacteur nucléaire \"Flamanville 1\", en février 2017 (illustration). 
Le réacteur nucléaire "Flamanville 1", en février 2017 (illustration).  (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)
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La lutte des ONG contre le développement du parc nucléaire français continue. Le réseau Sortir du nucléaire et Greenpeace ont annoncé, mercredi 24 juillet, le dépôt d'une plainte contre EDF. Une mesure avant tout symbolique, "pour alerter sur un manque de rigueur systémique aux conséquences dangereuses" concernant le réacteur nucléaire EPR en construction à Flamanville (Manche).

"Il est hors de question que ce réacteur dangereux et criblé de défauts soit un jour mis en service", s'indignent les ONG. Selon le communiqué des associations, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a émis des réserves en octobre 2017 et décembre 2018 à propos de pièces fabriquées pour l'EPR. "Les réserves émises pour certaines pièces étaient levées par EDF sans justification et rien ne permettait de s'assurer que tous les problèmes aient été identifiés, analysés et traités", affirment les ONG.

Une mise en service maintes fois retardée

En 2017 et 2018, l'ASN avait effectivement constaté des "insuffisances". Le constructeur, EDF, avait encore été mis en demeure en février 2019 de "respecter les obligations de traçabilité pour la qualification des matériels de l'EPR de Flamanville." L'électricien affirme avoir respecter ces prérogatives et assure qu'il n'y a "pas de problème sur la sûreté." Le parquet de Cherbourg, contacté par l'AFP, a indiqué mercredi ne pas avoir encore reçu de plainte.

Depuis son lancement en 2004, le projet de réacteur de troisième génération a été semé d'embûches. Sa mise en service a été plusieurs fois retardée et son coût revu à la hausse, passant de 3,3 milliards d'euros en 2006 à 10,9 milliards. Et cela devrait de nouveau s'allonger en raison de problèmes de soudures sur le chantier. Un audit sur la filière a été réclamé par le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, afin de faire la lumière sur les problèmes rencontrés.