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Conférence environnementale : les trois dossiers écolos qui polluent le quinquennat

François Hollande et la ministre de l'Environnement, Ségolène Royal, ont donné ce matin le coup d'envoi de la quatrième et dernière conférence environnementale du quinquennat. 

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France Télévisions
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Des opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes bloquent une route, le 12 janvier 2016, à Châteaubriant (Loire-Atlantique). (MAXPPP)

Ségolène Royal a ouvert la quatrième conférence environnementale, lundi 25 avril, à l'Elysée. L'objectif de ce dernier rendez-vous consiste à fixer la feuille de route "verte" du gouvernement pour la fin du quinquennat.

Pendant deux jours, quelques centaines de représentants des ONG, du patronat, des syndicats ainsi que des élus locaux et des parlementaires vont participer à des tables rondes en présence de nombreux ministres. 

Le gouvernement veut aborder le prix du carbone, la gestion des espaces maritimes, la sensibilisation des citoyens à la transition écologique, l'amélioration de la qualité de l'eau, ainsi que les liens entre environnement et santé (pesticides, perturbateurs endocriniens, nanomatériaux). Voici les dossiers qui fâchent le plus. 

Le nucléaire continue de diviser 

En ouverture de la conférence, Ségolène Royal a réaffirmé la volonté du gouvernement de faire baisser la part du nucléaire dans la production d'électricité en France. "Contrairement à ce qui est dit, la France n'a pas du tout renoncé – c'est une vision caricaturale – à baisser la part du nucléaire", a-t-elle déclaré sur France Info. Cependant, la ministre de l'Environnement en a profité pour dénoncer les prises de position "idéologiques" et "obsessionnelles" des antinucléaires : "Je ne vais pas couper l'électricité aux Français pour donner satisfaction à des idéologues antinucléaires à tout crin."

Si François Hollande a confirmé que le décret abrogeant l'autorisation d'exploiter la centrale nucléaire de Fessenheim serait pris cette année, "la transition énergétique, c'est la totalité des énergies et c'est, en plus, les économies d'énergie", a martelé la ministre, en référence à la loi sur la transition énergétique votée l'été dernier, qui prévoit notamment de réduire la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75% à 50% en 2025. "Pour faire ça, soyons réalistes, il faut d'abord monter en puissance sur le renouvelable, a-t-elle expliqué. Et ensuite, avec cette montée en puissance qui doit monter jusqu'à 40% de la production d'électricité, je baisserai de 75% à 50% la part du nucléaire."

Un point d'interrogation sur Notre-Dame-des-Landes 

L'organisation d'un référendum local en juin "ne va pas clore le débat", ont estimé les ONG. La gestion du projet contesté de l'aéroport à Notre-Dame-des-Landes continue de braquer le camp écologiste, qui conteste désormais le périmètre de la consultation (les seuls habitants de la Loire-Atlantique). Quand les électeurs se seront prononcés, "le gouvernement prendra ses responsabilités pour suivre ou arrêter le projet", a rappelé François Hollande, en ouverture de la conférence. 

En plus de son impact environnemental, les écologistes remettent en cause la pertinence économique du projet, jugé "surdimensionné" dans un récent rapport de synthèse commandé par Ségolène Royal. Pour les ONG, son abandon aurait "dû être la première décision prise par le gouvernement à la sortie de la COP21" en décembre. 

La programmation pluriannuelle de l'énergie se fait attendre

Lors de la première conférence environnementale, en septembre 2012, François Hollande avait affirmé vouloir faire de la France "la nation de l'excellence environnementale". Mais, près de quatre ans plus tard et malgré le succès de la COP21, les écologistes ont déchanté : les deux textes législatifs emblématiques ont pris du retard. Trois quarts des décrets sur la transition énergétique doivent encore être publiés, tandis que la loi sur la biodiversité n'est toujours pas votée.

"La loi sur la biodiversité sera votée avant l'été", a promis Ségolène Royal lundi matin, mettant en avant de "grandes avancées" comme "la réparation du préjudice écologique", "la lutte contre la biopiraterie" ou le "renforcement de la lutte contre les pesticides".

Pour que les objectifs de la loi sur la transition énergétique (réduction de la consommation d'énergie et des émissions de gaz à effet de serre, baisse de la part des énergies fossiles et nucléaire) ne restent pas lettre morte, Ségolène Royal a rappelé que les engagements du gouvernement figureraient dans la "programmation pluriannuelle de l'énergie" (PPE). Un document très attendu qui doit être publié "avant le 1er juillet", a rappelé la ministre. Il était attendu fin 2015. 

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