"J'ai aperçu une araignée dans mon salon" : ces appels extravagants qui exaspèrent les pompiers de Paris

Soldats du feu, mais aussi techniciens, standards téléphonique et déménageurs : à en croire les appels reçus cette année par les pompiers de Paris, les urgences vitales nécessitent de nombreuses compétences... Au final, un coup de fil sur deux ne nécessite pas l'action des secours.

Article rédigé par
Boris Loumagne - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Les sapeurs pompiers de Paris interviennent sur un incendie de voiture sur le périphérique. (LUC NOBOUT / MAXPPP)

Le 22 juillet, pour sensibiliser sur les milliers d'appels inutiles qui surchargent leur ligne téléphonique, les pompiers de Paris ont publié sur leur compte Twitter une compilation des appels téléphoniques les plus extravagants qu'ils ont reçus cette année. En 2014, 96% des appels au 112 étaient jugés inutiles.

À écouter tous ces appels, les pompiers semblent avoir plusieurs métiers annexes : annuaire téléphonique, exterminateurs d'araignée ou encore GPS humain. Néanmoins, le fameux cliché des pompiers venus sauver le chat d'une vielle dame coincé en haut d'un arbre n'est plus d'actualité. Enfin, presque. Cette année, les pompiers ont eu droit à une petite variante : "Je ne sais pas à qui m'adresser, mais il y a un furet qui est dans l'arbre. Il est apeuré, il y est resté toute la journée. Je reviens du travail et il est encore là."

"J'ai coincé un canapé dans les escaliers"

Après les furets coincés, il y a aussi les objets : "Je suis sûr que vous avez d'autres urgences plus graves, mais j'ai un canapé coincé dans la cage d'escalier de mon immeuble." Et, puis, aussi, les problèmes de maris coincés : "Je suis en train de faire des travaux chez moi, on installe une porte extérieure en fer forgé et elle s'est coincée. Moi je suis enfermée à l'intérieur et mon mari est bloqué à l'extérieur."

Le 18 ou le 112, c'est aussi pour beaucoup un immense bureau des renseignements. Vous ne savez pas comment joindre quelqu'un ? Pourquoi pas appeler les pompiers : "Je voulais vous demander un renseignement, je me suis peut-être trompé, quel numéro il faut faire pour avoir un numéro en province ?". Vous ne savez plus où vous habitez ? Les pompiers le savent sûrement : "Je suis perdu mon amie ! Je me suis perdu ! Je n'arrive plus à trouver l'adresse de chez moi s'il vous plaît."

Je cherche le numéro de Véolia, il y a une coupure d'eau chez moi et je ne sais pas comment les joindre.

Une femme aux pompiers de Paris

Parfois, c'est aussi le service des objets trouvés. Comme pour cet homme, quelque peu embêté : "J'ai oublié mon téléphone sur le taxi." Le pompier au téléphone tente d'ailleurs de lui faire comprendre l'absurdité de la situation : "Monsieur, vous appelez les pompiers parce que vous avez oublié votre téléphone dans le taxi ?". Sans grand succès : "Oui. C'est pour ça ! Est-ce que vous pouvez me transférer à quelqu'un ?"

Les pompiers sont les héros du quotidien. Néanmoins, certains considèrent qu'il n'y a pas de petits actes d'héroïsme, comme cette femme apeurée : "Dans mon salon, j'ai aperçu une araignée... grosse comme le pouce d'un homme !"

Parfois, ce sont pour de réelles blessures que les Parisiens appellent. Mais par le ton employé au téléphone, difficile de savoir si l'urgence est réellement vitale. Après un "bonjour" plutôt chantant au téléphone, un homme explique son problème : "Je me suis niqué la cheville mais genre en mode mega bad..."

J'ai ma collaboratrice qui a très mal aux pieds, on est sur notre lieu de travail et elle ne peut plus marcher.

Une femme aux pompiers de Paris

À l'inverse, ce Parisien semble beaucoup plus énervé, quitte à menacer les pompiers : "Mon frère il est tombé, donc tu vas te dépêcher et tu vas venir ! Parce que sinon, c'est moi qui vais venir te chercher. Est-ce que tu vas comprendre ou pas ?"  Cela vous paraît énorme ? "C'est notre quotidien", rappellent les pompiers de Paris sur Twitter qui essaient régulièrement de sensibiliser au problème que posent les appels abusifs dans leur quotidien. En effet, un coup de fil sur deux ne nécessite pas le départ des secours et surchargent ainsi la ligne téléphonique pour les vraies urgences vitales.

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