Millionnaire contre campeurs dans un château de l'Oise

Depuis le début d'année, un bras de fer oppose le nouveau propriétaire du château d'Alincourt, dans l'Oise, et les résidents d'un camping installé dans le parc par l'ancienne propriétaire. Le financier franco-suisse Alain Duménil exigeait que les 80 résidents décampent avant le 15 avril. Et il leur mène la vie dure pour arriver à ses fins.

(Radio France © France Info)

Les tintinophiles se souviendront sans doute du visage du capitaine Haddock constatant que la joyeuse bande de Séraphin Lampion a pris ses quartiers dans le parc du château de Moulinsart.

Moins tolérant, mais tout aussi bourru que le vieux loup de mer du dessinateur Hergé, le financier et industriel franco-suisse Alain Duménil n'entend pas revivre la même mésaventure dans le château qu'il vient d'acheter à Alincourt, dans l'Oise, et pour lequel il a de grands et lucratifs projets.

Autant le dire tout de suite : les occupants du camping de 80 places installé dans le parc par l'ancienne propriétaire des lieux n'en font pas partie. Installés là depuis plusieurs années contre un loyer mensuel de quelques centaines d'euros, certains ont investit dans des mobile-home, devenus leur habitation principale.

Le millionnaire leur avait donné jusqu'au 15 avril pour vider les lieux, afin d'en faire un luxueux rendez-vous pour séminaires d'entreprises. Et pour arriver à ses fins, en nouveau seigneur des lieux, il entretien une petite “ost” de vigiles qui patrouillent le plus bruyamment possible, d'après les résidents, autour du petit campement. Les sicaires vont jusqu'à boucler les lieux chaque matin et chaque soir.

Mais comme dans une autre bande dessinée, les campeurs résistent encore et toujours, exigeant, eux, une décision de justice et des compensations avant de faire leurs valises. Des discussions devraient s'ouvrir à la préfecture de l'Oise.

Grégoire Lecalot, avec agences