Tribune pour la PMA : Maxime Minot, député LR de l'Oise, veut "protéger les femmes qui risquent leur santé"

Sur le site du Monde, cinq élus du parti LR signent une tribune en faveur de la PMA. Il faut "s'adapter à la société" explique sur franceinfo l'un des signataires. 

Maxime Minot, député Les Républicains de l’Oise, le 23 octobre 2018.
Maxime Minot, député Les Républicains de l’Oise, le 23 octobre 2018. (RADIO FRANCE / FRANCEINFO)

Cinq députés Les Républicains ont signé lundi 22 octobre une tribune sur le site du quotidien Le Monde en faveur de la procréation médicalement assistée (PMA). Ils refusent d'"être enfermés dans une posture hostile au progrès" et affirment qu'ils voteront pour le droit à la PMA lors de l'examen de la loi de la bioéthique au printemps prochain, contrairement à la position du chef de parti Laurent Wauquiez. "Il faut protéger les femmes qui risquent leur santé", a appuyé Maxime Minot, député LR de l'Oise, signataire de la tribune et invité de franceinfo. 

franceinfo : Pourquoi êtes-vous favorable à la PMA pour toutes ?

Maxime Minot : Il faut arrêter de fermer les yeux sur un sujet qui doit faire face au XXIe siècle. Il y a des Françaises et des Français qui ont besoin de cette PMA et il est nécessaire de s'adapter aux besoins de la société. Ce qui m'a avant tout persuadé d'y être favorable, c'est qu'il faut légiférer sur le sujet, protéger les femmes qui risquent leur santé, que ce soit en France et à l'étranger. Je connais des femmes qui sont allées au Danemark ou aux Pays-Bas, qui sont allées se faire inséminer après une simple démarche sur Internet ! Je pense que cela pose question. Il ne faut pas que notre pays vive en autarcie, et je pense que ces femmes prennent des risques sanitaires et risquent des arnaques. Si l'on n'encadre pas ces situations, les risques que l'on connaît tous vont se multiplier. Avant tout, la République doit protéger tous ses ressortissants, sans distinction aucune.

Sur le fond politique, cette tribune sert-elle à montrer que la droite n'est plus dans le camp des rétrogrades ?

Je veux montrer que le débat est ouvert. Sur les sujets sociétaux, il n'y a pas réellement de ligne du parti. Il y a, certes, la position personnelle du président de parti Laurent Wauquiez [qui s'est dit contre la PMA], mais le débat existe et la diversité des opinions continuera de s'exprimer. Lors des échanges avec mes collègues, beaucoup y sont favorables, mais de là à signer une tribune comme la mienne, cela a peut-être freiné certains collègues. Certains disent, dans mon parti, que ma tribune est caricaturale... Je pense qu'ils n'ont pas dû bien la lire, car c'est tout le contraire. Le but, c'est vraiment d'ouvrir le débat dans ma famille politique. Certains m'ont reproché que ce n'était pas le moment. Pourtant, la parole des anti-PMA était bien libérée dans certains médias... Voilà pourquoi ma tribune est anti caricaturale. Sur le fond, bien sûr, puisque je suis pour la PMA pour les couples homosexuels comme hétérosexuels, mais aussi sur la forme, parce que je veux affirmer que la parole de droite n'est pas enfermée dans un carcan aussi rigide que certains voudraient le faire penser.

Vous écrivez dans ce texte que ce débat doit exprimer une conception de la droite au XXIe siècle...

Bien sûr ! Je pense qu'il faut s'adapter à la société, et je pense que personne n'a envie de revivre les débats sur le mariage pour tous. On veut tous éviter de retrouver ces retours nauséabonds et parfois homophobes qui ont pu parfois ressortir du débat sur le mariage pour tous. Et moi, ce qui me gêne depuis le début, c'est qu'on se focalise sur les couples lesbiens ou les femmes seules, mais je souhaite que cette possibilité de PMA soit ouverte à toutes. Je voterai pour, quoi qu'il se passe.

Redoutez-vous un acte II de la Manif pour tous, y compris au sein de votre famille politique ?

On a déjà échangé sur le sujet avec ma famille politique et je pense qu'aucun député LR n'a envie de revivre le débat sur le mariage pour tous. Cela a laissé de nombreuses traces, et on n'a pas envie de revivre ça.