Marche des fiertés à Paris : "Les gens ne parlaient que de la PMA pour toutes"

Romain Burrel, directeur de la rédaction de Têtu le mag était invité de franceinfo, il est revenu sur la principale revendication de la Marche des fiertés à Paris, samedi 29 juin.

Le defilé annuel parisien avait cette annee pour mot d’ordre : « PMA, filiation : pas de loi a minima ».
Le defilé annuel parisien avait cette annee pour mot d’ordre : « PMA, filiation : pas de loi a minima ». (SEBASTIEN MUYLAERT / MAXPPP)

Ils étaient des centaines de milliers à défiler samedi 29 juin à Paris pour la 41e édition de la Marche des fiertés. Au centre des revendications de ce cortège pour les droits de la communauté LGBT : l'extension de la PMA pour toute, prévu dans un projet de loi qui doit être présenté fin juillet en Conseil des ministres. "Ce thème de la PMA pour toutes est revenu très souvent tout au long du cortège", explique sur franceinfo Romain Burrel, directeur de la rédaction de Têtu le mag.

franceinfo : Comment avez-vous vécu cette 41e Marche des fiertés ?

Romain Burrel : Tout s'est très bien passé, dans un climat très festif, mais aussi avec des revendications très politiques, surtout sur la PMA pour toutes. Le gouvernement s'est engagé à la faire depuis deux ans. L'idée est de continuer à mettre la pression sur un gouvernement et un groupe parlementaire qui n'a pas encore réglé certaines questions, notamment sur la filiation. On l'a vu encore cette semaine avec l'exclusion d'Agnès Thill de la République en marche. Ce thème de la PMA pour toutes est revenu très souvent tout au long du cortège. Moi qui l'ai remonté intégralement, les gens ne parlaient que de ça, j'ai vu énormément de slogans parler de la PMA.

Quelle est la prochaine étape ? Vos opposants vont dire que la PMA ouvre la porte ensuite à la GPA, la gestation pour autrui...

C'est vraiment un raisonnement ridicule. Il y a un tas de pays en Europe qui ont légalisé depuis 15 ou 20 ans la procréation médicalement assistée mais qui ne reconnaissent pas et qui n'ont pas légalisé la gestation pour autrui. Et quand ils l'ont fait, ils ne l'ont pas reconnu automatiquement pour les couples homosexuels. Ce sont deux techniques différentes, deux parcours différents, qui ne posent pas les mêmes questions. Aujourd'hui, en France, il n'y a pas une majorité pour l'ouverture de la GPA. Par contre, la reconnaissance automatique des enfants nés de GPA à l'étranger et leur retranscription dans l'état civil français, c'est très important et ce n'est pas réglé. La France est régulièrement condamnée par la CEDH sur cette question car il y a aujourd'hui des petits fantômes de la République...

Dimanche dernier, il y a eu une nouvelle agression homophobe à Paris. Six hommes ont été agressés et l'auteur des coups a été arrêté. Diriez-vous qu'il y a plus d'agressions homophobes, ou est-ce que la parole se libère ?

La parole se libère certainement, mais en tout cas, ce que je sais, c'est que lorsque ces débats se prolongent, comme la PMA depuis deux ans ou lors du mariage pour tous, cela surexpose les personnes LGBT. Si l'on se fait agresser aujourd'hui dans la rue, c'est parce que de l'homophobie est déversée toute la journée, parfois même dans les médias, et ça légitime ces agressions. C'est pourquoi je souhaite que cette question de la PMA soit réglée assez vite. C'est une question qui ne mobilise pas la majorité des Français, qui doit être réglée assez vite, on est d'accord là-dessus depuis deux ans... Je ne comprends pas que l'on soit encore en train d'en discuter aujourd'hui.