Manif pour tous : pour Hollande, "la liberté de manifester est entière mais chacun doit prendre sa responsabilité"

Le président de la République a ainsi réagi à la passe d'armes entre sa majorité et l'UMP sur la manifestation des opposants au mariage homosexuel.

Un gendarme s\'éloigne d\'une manifestation d\'opposants au mariage homosexuel, le 21 avril 2013, à Paris.
Un gendarme s'éloigne d'une manifestation d'opposants au mariage homosexuel, le 21 avril 2013, à Paris. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

François Hollande appelle chacun à "prendre sa responsabilité" concernant la manifestation des opposants au mariage pour tous, prévue dimanche. C'est ainsi que le président de la République a arbitré, samedi 25 mai, l'échange d'attaques qui a opposé l'UMP de Jean-François Copé et plusieurs socialistes, Jean-Marc Ayrault en tête.

Alors que la manifestation s'annonce tendue, en raison notamment de la présence d'un nombre important de militants d'extrême droite, Jean-François Copé a écrit aux militants UMP, cette semaine, pour les appeler à manifester, dimanche, contre la loi Taubira ouvrant le mariage et l'adoption aux couples homosexuels, en condamnant "par avance toutes les formes de provocations, tensions et violences".

En réponse, les responsables de la gauche ont dispensé leurs conseils à Jean-François Copé et aux manifestants.

Acte 1 : Ayrault réclame une "extrême vigilance" à l'UMP

"J'appelle les organisateurs à une très grande vigilance pour faire en sorte qu'ils ne prennent aucun risque", a dit le Premier ministre lors d'un déplacement au Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis)."Je voudrais dire aux responsables de l'UMP qu'ils prennent une lourde responsabilité en provoquant la crispation et la radicalisation [qui]malheureusement se produit aux contours de ces manifestations", a aussi déclaré le chef du gouvernement, "donc je les appelle à être d'une extrême vigilance".

Acte 2 : Valls leur conseille de "réfléchir"

Dans la foulée, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, a conseillé "à tout ceux qui voulaient se rendre à cette manifestation de réfléchir, d'être prudents, parce que nous sommes inquiets sur les menaces et la présence de ces groupes" d'extrême droite. En outre, le ministre "déconseille effectivement aux familles avec des enfants de se rendre à cette manifestation".

Acte 3 : Le PS appelle à "renoncer" à la manifestation

"J'appelle solennellement l'UMP et son président Jean-François Copé à renoncer à participer à la manifestation prévue demain (dimanche)", écrit Harlem Désir, premier secrétaire du PS, dans un communiqué. "Cette manifestation de tous les dangers est propice à tous les débordements", ajoute-t-il, soulignant qu'"elle se tient dans un climat de menace sur plusieurs personnalités et responsables politiques et d'omniprésence des groupes radicaux et violents d'extrême droite".

Acte 4 : Copé dénonce "des tentatives d'indimidation"

Pour le président de l'UMP, ces avertissements sont des "tentatives inacceptables de pression et d'intimidation pour tenter de décourager" les opposants au mariage homosexuel. "Le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur sont saisis de panique. Ils se livrent donc à des tentatives inacceptables de pression et d'intimidation pour tenter de décourager les centaines de milliers de Français qui s'apprêtent à exprimer pacifiquement leur mécontentement dans la rue", écrit-il samedi dans un communiqué.

Selon lui, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls est "seul (...) en charge de la sécurité des Français. Si jamais il devait y avoir des débordements, il en serait l'unique responsable et devrait en rendre compte".

Epilogue : l'arbitrage de François Hollande 

"Vous savez que je n'interviens pas sur les sujets de politique intérieure lorsque je suis en déplacement (à l'étranger)", a commencé par dire le chef de l'Etat, en voyage en Ethiopie. Et d'enchaîner, devant la presse : "La seule recommandation que je peux faire, c'est que la liberté de manifester en France est entière mais que chacun doit faire attention et prendre sa responsabilité".