Manuel Valls met fin à l'aide au retour des Roms

L'aide offerte aux Roms pour rentrer dans leur pays d'origine est un "dispositif inopérant" selon Manuel Valls. Le ministre de l'Intérieur a annoncé vendredi vouloir supprimer cette incitation financière mise en place en décembre 2006.

(CHAMUSSY/SIPA)

300 euros
par adulte et 100 euros par enfant mineur. C'était l'aide financière proposée
jusque là aux Roms pour un retour volontaire dans leur pays d'origine. L'an
dernier, plus de 10.600 personnes en ont bénéficié, dont 2.000 enfants, selon
l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii).

Un "circuit "
entre la Roumanie et la France

Cette aide "crée
un circuit entre la Roumanie et notre pays
", a précisé vendredi Manuel Valls
à l'occasion d'un déplacement à Montreuil.

Le ministre
de l'Intérieur n'a pas donné de calendrier. Il avait déjà dénoncé en septembre
le dispositif, jugé coûteux et inopérant par de nombreux acteurs.

Selon les
associations, la population rom en France, estimée de 15 à 20.000 personnes, reste
constante car les expulsés reviennent systématiquement.

La
poursuite des évacuations de camps

A
Montreuil, Manuel Valls a visité vendredi un bloc de "logements-passerelles ",
des conteneurs colorés où vivent 11 familles roms en attente d'un logement pérenne
et où elles bénéficient d'un accompagnement social.

Le ministre
a martelé sa stratégie sur la question rom: la poursuite des évacuations de
campements illégaux et l'aide aux projets d'insertion et travail au niveau des
pays d'origine.

Les évacuations
de camps roms, qui ont jeté au moins 2.000 personnes sur les routes cet été selon
les associations, avaient agacé jusque dans les rangs de la majorité. Elles
avaient aussi valu à la France d'être suivi de près par la Comission européenne et d'être épinglée par Amnesty International.