La justice confirme l'interdiction de la manifestation pro-palestinienne à Paris samedi, les organisateurs la maintiennent

"Nous refusons de taire notre solidarité avec les Palestiniens (...) On ne nous empêchera pas de manifester", a réagi l'Association des Palestiniens en Ile-de-France vendredi, après la confirmation de l'interdiction du rassemblement par le tribunal administratif de Paris

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Un rassemblement en soutien aux Palestiniens près du Quai d'Orsay, le 12 mai 2021 à Paris.  (RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / AFP)

Une manifestation en soutien aux Palestiniens aura-t-elle lieu, samedi 15 mai à Paris, malgré une interdiction de la préfecture appuyée par la justice ? Les organisateurs du rassemblement ont maintenu leur appel à manifester vendredi soir, en dépit de l'interdiction confirmée par la justice quelques heures plus tôt. 

L'interdiction de manifester avait été prise jeudi soir par la préfecture de police, à la demande du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. Le préfet, Didier Lallement, avait pointé "un risque sérieux" de "troubles graves à l'ordre public", et mis en avant, comme Gérald Darmanin, les violences urbaines qui avaient fait suite à une manifestation pro-palestinienne en 2014.

Vendredi, le tribunal administratif de Paris a confirmé cette interdiction, rejetant un recours en référé-liberté déposé par les avocats de l'Association des Palestiniens en Ile-de-France, l'organisatrice de la manifestation. La justice a jugé que le contexte "tant international qu'intérieur" ne permettait pas "d'estimer que les risques de troubles graves" ne "seraient pas aussi importants voire supérieurs à ceux avérés en 2014". Le tribunal a également estimé que les forces de l'ordre, déjà "fortement mobilisées" dans le cadre de Vigipirate, seraient appelées ce week-end à veiller au respect des mesures sanitaires.

"Nous refusons de taire notre solidarité"

"Parce que nous refusons de taire notre solidarité avec les Palestiniens, et que l'on ne nous empêchera pas de manifester, nous serons présents (au métro) Barbès demain à 15h", a répliqué l'Association des Palestiniens en Ile-de-France, dans un communiqué signé également par Attac, l'Action Antifasciste Paris-Banlieue, le Nouveau Parti Anticapitaliste ou le Parti des Indigènes de la République. "La France est le seul pays démocratique à interdire ces manifestations", ont réagi auprès de l'AFP les avocats de l'association, Sefen Guez, Dominique Cochain et Ouadie Elhamamouchi, annonçant faire "appel devant le Conseil d'Etat de ce rejet" par le tribunal administratif de Paris.

La manifestation était au départ prévue pour commémorer la Nakba, l'exode de centaines de milliers de Palestiniens à la création d'Israël en 1948. La flambée de violences en Israël et dans la bande de Gaza ces derniers jours est venue dessiner la perspective d'un rassemblement important. Les organisateurs comptaient notamment y dénoncer la position de la France, jugée trop favorable à Israël, et lui demander de "condamner plus fermement les bombardements qui tuent des civils à Gaza", selon Walid Atallah, l'un des responsable de l'association organisatrice.

Gérald Darmanin a demandé aux préfets de suivre de près les rassemblements de soutien au peuple palestinien prévus dans d'autres villes, et d'assurer la protection des lieux fréquentés par la communauté juive. Pour samedi, certaines manifestations ont été interdites, comme à Nice. En revanche, des rassemblements (statiques) ou des manifestations sont autorisés, à Lyon, Bordeaux, Montpellier, ou encore Marseille, Nantes et Rennes. 

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