VIDÉO. Manifestation des policiers : "Il faut entendre leur souffrance mais dénoncer les dysfonctionnements", selon le député insoumis Adrien Quatennens

Le député La France insoumise Adrien Quatennens réagit sur franceinfo à l'appel de la quasi-totalité des syndicats policiers à manifester pour dénoncer leurs conditions de travail et le manque de considération dont ils font l'objet.

FRANCEINFO / RADIO FRANCE

Alors que la quasi-totalité des syndicats policiers appelle mercredi 2 octobre à une manifestation pour dénoncer leurs conditions de travail et le manque de considération dont ils font l'objet, le député La France insoumise Adrien Quatennens a indiqué, mercredi sur franceinfo, qu'il fallait "entendre leur souffrance mais dénoncer les dysfonctionnements". Selon lui, les souffrances des policiers sont surtout dues aux "donneurs d'ordre, qu'il faut mettre en cause". A la question de savoir s'il était avec les policiers ou contre eux, à l'occasion de cette manifestation, Adrien Quatennens a répondu que les choses n'étaient "pas aussi binaires".

"Il faut entendre cette colère"

"Il faut entendre la colère des policiers, dans ce pays, poursuit Adrien Quatennens. Vous savez que les policiers ont des millions d'heures supplémentaires qui ne sont pas payées. Les conditions de travail sont dégradées, je pense par exemple à l'état des commissariats." "Et puis surtout on a cette vague impressionnante de suicides dans la police, note le député du Nord. Evidemment qu'en ce qui concerne les conditions de travail, il faut entendre cette colère."

Interrogé sur les propos de Jean-Luc Mélenchon, qui en marge d'une manifestation pour les retraites a qualifié les policiers de "barbares", le député insoumis du Nord a jugé en retour "irrationnelles" les accusations de certains syndicats de policier qui accusent La France insoumise de "haine anti-flics". "Certains syndicats de police nous disent qu'à La France insoumise, il y aurait une haine anti-flic, mais c'est absolument irrationnel ! D'ailleurs, il n'y a tellement pas de haine anti-flic que nous voulons recruter 10 000 policiers supplémentaires. A un moment, il faut arrêter ces caricatures !" Adrien Quatennens rappelle que La France insoumise veut réhabiliter le terme de "gardien de la paix" plutôt que de parler de "forces de l'ordre".

Je pourrais condamner le slogan "tout le monde déteste la police", que personne n'utilise à La France insoumise, mais à quoi ça servirait ?

Adrien Quatennens

à franceinfo

"Très franchement, je crois que la colère qu'expriment les policiers aujourd'hui est d'abord et avant tout liée à leurs conditions de travail dégradées et aux ordres qui leur sont donnés", juge Adrien Quatennens. "Il ne s'agit pas de détester la police, poursuit-il. A chaque fois que nous mettons en cause la doctrine de maintien de l'ordre, il faut que les policiers de ce pays entendent que ce ne sont pas eux qui sont visés. Politiquement, nous mettons en cause les donneurs d'ordre et le premier d'entre eux, Christophe Castaner, et son bilan désastreux."

"Que quelques syndicats de police nous aient pris en grippe, je peux l'entendre, concède Adrien Quatennens. Mais je pense que ça n'est pas sérieux. Il faut entendre leur souffrance mais de la même manière, ne pas s'interdire de dénoncer les dysfonctionnements qu'il peut y avoir au sein de la police. Je crois que cela nous honore de faire un diagnostic à peu près sérieux de la situation."

Adrien Quatennens, sur franceinfo.
Adrien Quatennens, sur franceinfo. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)